{"id":503,"date":"2016-11-14T10:19:06","date_gmt":"2016-11-14T09:19:06","guid":{"rendered":"http:\/\/alternative2017.eu\/?page_id=503"},"modified":"2016-11-14T10:19:06","modified_gmt":"2016-11-14T09:19:06","slug":"bilan-recherche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/alternative2017.eu\/index.php\/bilan-recherche\/","title":{"rendered":"Bilan Recherche"},"content":{"rendered":"<h2><b>UN \u00ab\u00a0BON BILAN\u00a0\u00bb\u00a0? <\/b><b><br \/>\n<\/b><b>VRAIMENT\u00a0?<\/b><\/h2>\n<p>Reconnaissons-le\u00a0: l\u2019\u00e9quipe conduite par Alain Beretz et Michel Deneken avait la chance de commencer la partie avec beaucoup d\u2019atouts en main au regard de ceux dont b\u00e9n\u00e9ficiait la plupart des autres universit\u00e9s fran\u00e7aises, moins richement dot\u00e9es.<\/p>\n<p>Il peut en effet sembler que les bonnes f\u00e9es s\u2019\u00e9taient pench\u00e9es sur le berceau de l\u2019universit\u00e9 de Strasbourg\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>fusion des anciennes universit\u00e9s suppos\u00e9e permettre des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelles et financement minist\u00e9riel suppl\u00e9mentaire pour favoriser la convergence ;<\/li>\n<li>plan campus dot\u00e9 de 375 millions d\u2019euros donnant 15 millions d\u2019int\u00e9r\u00eats par an ;<\/li>\n<li>soutien des collectivit\u00e9s territoriales de l\u2019Alsace ;<\/li>\n<li>et bien s\u00fbr une part des \u00ab\u00a0investissements d\u2019avenir\u00a0\u00bb sous la forme de l\u2019Idex, 750 millions dont l\u2019universit\u00e9 de Strasbourg toucherait les \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eats\u00a0\u00bb, soit 26 millions d\u2019euros annuel en incluant les budgets des Labex et Equipex g\u00e9r\u00e9s par l\u2019Universit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ses succ\u00e8s \u00e9taient fond\u00e9s avant tout sur la qualit\u00e9 et la renomm\u00e9e de la recherche men\u00e9e dans les laboratoires de l\u2019Universit\u00e9 et de ses partenaires, l\u2019\u00e9quipe form\u00e9e autour d\u2019Alain Beretz h\u00e9ritant d&rsquo;un environnement scientifique exceptionnel, ainsi que sur le travail de l\u2019ensemble de ses acteurs, chacun \u00e0 sa mesure. Cela s\u2019est encore montr\u00e9 lors du renouvellement de l\u2019Idex\u00a0: toute l\u2019Universit\u00e9, et par exemple les personnes interview\u00e9es par le comit\u00e9 d\u2019\u00e9valuation, ont \u0153uvr\u00e9 \u00e0 donner la meilleure image possible de notre Universit\u00e9 et de ses ambitions en mati\u00e8re de recherche, en choisissant pour certains de faire taire leurs divergences et en ayant \u00e0 c\u0153ur d\u2019assurer le succ\u00e8s de cette op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Pourtant, force est de constater qu\u2019en mati\u00e8re de recherche, l\u2019universit\u00e9 de Strasbourg n\u2019a pas su utiliser pleinement ses nombreux atouts.<\/p>\n<h3><b>Les cr\u00e9dits de recherche comme variable d\u2019ajustement\u00a0?<\/b><\/h3>\n<p>En effet, notre effort de recherche s\u2019est vu amoindrir par des difficult\u00e9s budg\u00e9taires qui n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 anticip\u00e9es. Dans une universit\u00e9 \u00ab\u00a0autonome\u00a0\u00bb dot\u00e9e des responsabilit\u00e9s \u00e9largies, chaque d\u00e9ficit constat\u00e9 dans un secteur a des cons\u00e9quences sur l\u2019ensemble des autres lignes budg\u00e9taires, y compris celles consacr\u00e9es \u00e0 nos missions fondamentales, enseignement et recherche. Les arguments de l\u2019\u00e9quipe sortante s\u2019appuient sur l\u2019existence de fortes contraintes qui restreignent les marges de man\u0153uvre. Sur un budget global dont l\u2019ordre de grandeur est de 500 millions d\u2019euros, on doit bien s\u00fbr enlever la masse salariale et les autres frais incontournables, qui repr\u00e9sentent la plus grande part. Dans le budget restant, le gouvernement de l\u2019universit\u00e9 a choisi d\u2019attribuer 6\u00a0millions d\u2019euros &#8211; soit aux alentours de 1\u00a0% &#8211; aux leviers recherche (dont 5\u00a0M\u20ac de soutien \u00e0 la recherche et 1\u00a0M\u20ac d\u2019investissements scientifiques). Mais pour r\u00e9tablir un niveau correct au fond de roulement, de m\u00eame que des choix ont \u00e9t\u00e9 faits en mati\u00e8re de recrutements et d\u2019investissements immobiliers, des choix ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 faits pour la recherche. Par exemple, il nous a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de renoncer \u00e0 une partie de notre budget propre pour permettre le lancement d\u2019un appel \u00e0 projet annuel, interne \u00e0 l\u2019universit\u00e9. De m\u00eame, une politique de communication forte, visant le prestige de l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg et cherchant avant tout \u00e0 lui donner une visibilit\u00e9 tous azimuts a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e.<\/p>\n<p>Des choix ont donc \u00e9t\u00e9 faits et les d\u00e9cisions prises n\u2019ob\u00e9issaient pas uniquement \u00e0 la contrainte budg\u00e9taire. Ces choix, dans une p\u00e9riode difficile, se sont-ils vraiment concentr\u00e9s sur les missions fondamentales de l\u2019Universit\u00e9, dont n\u00e9cessairement la recherche\u00a0?<\/p>\n<h3><b>Des choix en ad\u00e9quations avec les besoins <\/b><b><br \/>\n<\/b><b>des laboratoires et des enseignants et chercheurs\u00a0?<\/b><\/h3>\n<p>L\u2019enseignement sup\u00e9rieur et la recherche (ESR) ont subi ces derni\u00e8res d\u00e9cennies des \u00e9volutions notables de leur organisation et de leurs modes de financement. Lors des assises de la recherche, organis\u00e9es au d\u00e9but du mandat minist\u00e9riel de G.\u00a0Fioraso, des constats quasi unanimes avaient \u00e9t\u00e9 faits d\u2019une baisse trop importante des cr\u00e9dits r\u00e9currents ainsi que d\u2019une trop grande complexit\u00e9 des structures et des proc\u00e9dures. Ces constats sont rest\u00e9s lettre morte. Notre Universit\u00e9 de Strasbourg a bien entendu \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de faire avec ce contexte et on pourrait consid\u00e9rer qu\u2019elle a bien tir\u00e9 son \u00e9pingle du jeu. Mais \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, a-t-elle su r\u00e9ellement aider ses enseignants-chercheurs en all\u00e9geant leur charge de travail li\u00e9e \u00e0 la gestion et \u00e0 la recherche de moyens, t\u00e2ches devenues si envahissantes\u00a0?<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des cr\u00e9dits r\u00e9currents des laboratoires, ils ont atteint un seuil critique, en-dessous duquel il devient impossible d\u2019assurer leur fonctionnement. En interne \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, comme \u00e9voqu\u00e9 ci-dessus, le choix a \u00e9t\u00e9 fait de ne pas les placer comme priorit\u00e9s budg\u00e9taires, au lieu de les pr\u00e9server au maximum des restrictions li\u00e9es \u00e0 la reconstitution de finances solides. Dans les \u00e9changes avec le minist\u00e8re, il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de se poser comme thurif\u00e9raires d\u2019une politique centr\u00e9e sur les programmes \u00ab\u00a0investissements d\u2019avenir\u00a0\u00bb, plut\u00f4t que comme d\u00e9fenseurs des cr\u00e9dits r\u00e9currents permettant le fonctionnement des laboratoires au quotidien. \u00c0 aucun moment la direction de l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg n\u2019a publiquement critiqu\u00e9 l\u2019architecture nouvelle du financement de la recherche, qui aujourd\u2019hui pr\u00e9sente seulement 10\u00a0% du budget de fonctionnement r\u00e9current des laboratoires Strasbourgeois.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des cr\u00e9dits Idex, il y a <i>de facto<\/i> ce qui peut appara\u00eetre comme une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne\u00a0: 6,853 M\u20ac par an \u00e0 compter de 2017, dont 2,7\u00a0M\u20ac pour USIAS et 4,153 destin\u00e9s principalement aux appels \u00e0 projets. L\u00e0 encore, des choix ont \u00e9t\u00e9 faits qui contribuent \u00e0 compliquer la vie des acteurs de la recherche plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 les aider \u00e0 am\u00e9liorer, et m\u00eame \u00e0 maintenir, le niveau scientifique de leur activit\u00e9. Les structures de d\u00e9cision manquent de transparence et d\u2019efficacit\u00e9. La d\u00e9finition des appels \u00e0 projets est faite par la vice-pr\u00e9sidence qui transmet ses propositions au comit\u00e9 de pilotage, puis \u00e0 la commission recherche, sans r\u00e9elle r\u00e9flexion collective. La s\u00e9lection des projets commence par un classements au niveau des laboratoires, puis un appel \u00e0 des rapporteurs externes, une s\u00e9lection par les coll\u00e9giums, puis finalement une validation par la commission recherche. Et les contraintes impos\u00e9es sont fortes\u00a0: concurrence st\u00e9rile de chercheurs et d\u2019\u00e9quipes au sein d\u2019un m\u00eame laboratoire, crit\u00e8res d\u2019admissibilit\u00e9 des projets trop rigides et ferm\u00e9s. Certains crit\u00e8res qui devraient servir de moyens pour faire \u00e9merger une recherche novatrice, comme l\u2019interdisciplinarit\u00e9, sont transform\u00e9s en fins, emp\u00eachant chacun des acteurs de proposer librement le projet qu\u2019il estime attractif. Un certain \u00e9tat d\u2019esprit transforme aussi ce qui devrait \u00eatre un bon \u00e9quilibre entre recherche appliqu\u00e9e et fondamentale, en une qu\u00eate d\u2019entrepreneuriat \u00a0demandant une recherche \u00ab\u00a0utile\u00a0\u00bb. On transpose au niveau de notre universit\u00e9 la complexit\u00e9 et les d\u00e9fauts des structures telles que l\u2019ANR au lieu de nous laisser pleinement profiter, avec efficacit\u00e9 et audace, d\u2019un outil Idex si ch\u00e8rement acquis.<\/p>\n<h3><b>De nouvelles structures travaillant en parall\u00e8le\u00a0: <\/b><b><br \/>\n<\/b><b>pour une vraie politique scientifique\u00a0?<\/b><\/h3>\n<p>Le programme \u00ab\u00a0investissement d\u2019avenir\u00a0\u00bb ainsi que d\u2019autres orientations prises par l\u2019\u00e9quipe ayant g\u00e9r\u00e9 l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg durant les deux derniers mandats, ont conduit \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles entit\u00e9s\u00a0: Idex, Labex, fondations, USIAS, SATT, etc. Chacune dispose de sa structure de d\u00e9cision, souvent sous la forme d\u2019un comit\u00e9 de pilotage compos\u00e9 de membres nomm\u00e9s et fonctionnant de fa\u00e7on totalement ind\u00e9pendante des conseils centraux de l\u2019Universit\u00e9. Celle-ci y est repr\u00e9sent\u00e9e par son pr\u00e9sident et quelques vice-pr\u00e9sidents. Ce choix de fonctionnement \u00e9loigne ces outils des enseignants-chercheurs, qui ne peuvent se les approprier et les voient comme des agences de financements, finalement peu diff\u00e9rentes de celles existant au niveau national ou europ\u00e9en. Mais surtout cela pose la question de la d\u00e9finition d\u2019une vraie politique scientifique sans verbiage, porteuse d\u2019ambition, d\u2019efficacit\u00e9 et d\u2019audace. Le fonctionnement actuel p\u00e2tit de sa centralisation et de son opacit\u00e9 et passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des potentialit\u00e9s qu\u2019ouvriraient une r\u00e9flexion et un d\u00e9bat collectifs sur les enjeux de notre Universit\u00e9 et de sa recherche.<\/p>\n<h3><b>Quelles perspectives pour la recherche\u00a0?<\/b><\/h3>\n<p>L\u2019obtention de plusieurs prix Nobel, r\u00e9compensant des recherches pionni\u00e8res r\u00e9alis\u00e9es lorsque n\u2019existaient ni les ANR, les Idex ni aucun des modes de financement r\u00e9cents, a marqu\u00e9 les esprits et fait la fiert\u00e9 de notre universit\u00e9. Mais elle a aussi contribu\u00e9 \u00e0 masquer le bilan pour le moins mitig\u00e9 de la politique de recherche de l\u2019Universit\u00e9 de Strasbourg. Il nous faut construire et mettre en \u0153uvre, avec nos partenaires universitaires et les organismes de recherche, \u00a0les conditions n\u00e9cessaires \u00e0 ce que de tels succ\u00e8s scientifiques soient encore obtenus dans les prochaines d\u00e9cennies par notre communaut\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>UN \u00ab\u00a0BON BILAN\u00a0\u00bb\u00a0? VRAIMENT\u00a0? Reconnaissons-le\u00a0: l\u2019\u00e9quipe conduite par Alain Beretz et Michel Deneken avait la chance de commencer la partie avec beaucoup d\u2019atouts en main au regard de ceux dont b\u00e9n\u00e9ficiait la plupart des autres universit\u00e9s fran\u00e7aises, moins richement dot\u00e9es. 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