Lettre d’information de la rentrée 2017

Chères et chers collègues,
Cette rentrée 2017 est très particulière pour l’Enseignement supérieur et la recherche (ESR), au niveau national comme pour notre Université.

Comme nous vous en informions lors de nos précédentes lettres d’information,  les choses se sont accélérées l’an dernier, et l’orientation budgétaire de notre université s’éloigne de plus en plus de nos missions fondamentales.

Une expression est largement revenue cet été pour qualifier l’Université qui serait  “à bout de souffle”, jusque dans la bouche du Président de notre université. S’agit-il de dénonciations des effets délétères des multiples réformes dont a fait l’objet l’ESR ? Ou d’un diagnostic alarmiste pour justifier une nouvelle salve de décisions contre l’ESR ?

Ainsi, se lamente-on face aux générations plus nombreuses de bacheliers qui souhaitent entrer à l’Université. Or, contrairement à ce qui se dit, il n’y a pas “trop d’étudiants”. Mais il y a un manque de locaux et d’enseignants pour les accueillir. Le défaut de moyens découle des décisions politiques, nationales et locales, qui organisent, année après année, cette pénurie de ressources, et donc de places. Rien de tout cela n’est inéluctable, c’est une question de priorité, qui se traduit par des choix politiques, nationaux et locaux :
Financer la formation de notre jeunesse ou le CICE ?
Rénover la tour de chimie pour y faire des salles de cours ou des logements locatifs ?

La sélection est vue comme une solution à au problème du manque de places. Mais ce problème a été créé par des politiques de faible investissement pour l’Université. Elle laisse imaginer que nous pourrions choisir nos étudiants et augmenter le niveau de nos formations. Mais comme il faudra accueillir tous les bacheliers au niveau des établissements, la compétition va s’accroître entre les filières sans réel bénéfice, ni pour les étudiants, ni pour les enseignants et personnels administratifs. Certaines vont attirer les étudiants les plus brillants et d’autres devront s’occuper des étudiants les plus en difficulté. Certaines pourront trouver plus de ressources, d’autres non. Faudra-t-il alors augmenter les services annuels d’enseignement et les droits d’inscription dans cette “économie de la connaissance” ainsi que certains le préconisent ?

Non, nous ne sommes pas à bout de souffle. Nous avons juste besoin d’un nouveau souffle, permettant de faire des choix différents. Nous pouvons bien décider que la formation de toute notre jeunesse vaut bien le sacrifice de quelques travaux prestigieux ou à visée commerciale. Nous pouvons bien utiliser les 8M€ de résultat positif de notre Université pour renforcer les équipes pédagogiques et éviter de perdre 24 maîtres de conférences sur une seule année.

Nos consciences professionnelles nous invitent à continuer à faire toujours plus avec encore moins. Mais n’est-il pas venu le moment où ces mêmes consciences professionnelles nous invitent à ne plus continuer ainsi ? Voulons-nous encore de cette politique ? Pouvons-nous encore la supporter, professionnellement et humainement ? Et pour combien de temps encore ?

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