Congrès du 28/01/2020

Le congrès réunit les membres du Conseil d’Administration (CA), de la Commission de la recherche (CR), de la Commission Formations et Vie universitaires (CFVU) et du Comité Technique d’Etablissement (CTE).

Résumé pour le site

Une délégation d’étudiants et de personnels titulaires et précaires a été reçue en début de Congrès pour obtenir des clarifications sur la position de la présidence de l’université vis-à-vis de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), et des suites données aux violences d’extrême droite qui se sont tenues sur le campus.

Racisme envers la présidence

Les violences ont été revendiquées par des étudiants de l’université affiliés à l’Action française et la délégation a souhaité que des mesures disciplinaires ou de justice soient prises. Le président a alors expliqué que de telles poursuites n’avaient pas encore été engagées puisqu’elles nécessitent des éléments concrets dont il dispose depuis le premier jour. 

Le président a ensuite affirmé savoir qu’on essayait de le faire passer pour d’extrême droite, alors qu’il était lui-même victime de « racisme ». Haussant le ton sur une élue, il s’est violemment exprimé contre toutes les violences, y compris verbales. Puis il s’est proposé de faire un cours sur les violences légitimes et Saint Thomas d’Aquin.

Make our planet great again (or not)

A la demande des élus AFGES, une motion « Vers une université plus verte » a été discutée pendant plus d’une heure. Il a été établi que l’urgence climatique ne souffrait plus de frilosité, pour preuve notre participation à des appels à projets, dont « Make our planet great again ».

Puis la présidence a expliqué que, dès lors que ça lui rapporterait de l’argent même de façon marginale, elle ne renoncerait à aucun partenariat, y compris avec les industries notoirement polluantes ou qui œuvrent à discréditer des travaux scientifiques sur le climat pour protéger leurs intérêts,. 

La planète et l’indépendance de la recherche sont certes importantes… Mais quand même pas autant que l’argent.

Des élus « université pour réussir » ont également proposé la dissolution complète et définitive de l’université pour réduire son empreinte carbone, mais la proposition n’a pas été retenue.

LPPR, mon amour-haine

A la demande des élus Alternative et CGT, suivis par ceux de la CFDT, une motion sur la LPPR a été discutée pendant plus d’une heure. Le fait que ses mesures allaient contre les valeurs et intérêts de l’université a rapidement fait consensus.

Mais les élus « université pour réussir » et la présidence ont refusé que le Congrès s’y oppose. Ils ont de plus fermement défendu la concurrence comme moteur de la science. Lors des discussions, le président a annoncé avec fierté avoir participé à des groupes de travail et avoir été reçu par le ministère pour y défendre la suppression des 192h, les tenures tracks et CDI de chantier, ainsi que les primes à la performance.

Prenant acte de ces échanges, le congrès a finalement adopté une motion amendée, que la Présidence n’a diffusée ni aux personnels, titulaires ou précaires, ni aux étudiants, et encore moins au ministère quand bien même c’est son devoir.

Le DOS au mur

Un document d’orientation stratégique (DOS – accès par la GED mais probablement pas pour les personnels de l’université) pour la période 20-30 a été approuvé par le Congrès. Issu d’une « démarche résolument participative » pour laquelle la présidence regrette « la faible participation », il s’adosse à la consultation « CAP 20-30 » sans en reprendre les propositions. La présidence s’était engagée à en faire une synthèse et à les soumettre au vote de la communauté, mais a estimé ne pas avoir les moyens techniques d’organiser un vote et n’a pas fait de synthèse. 

D’après la présidence, approuver la phrase « Renforcer son autonomie financière, en tirant pleinement parti […] des perspectives de dévolution de notre patrimoine immobilier » n’a aucun rapport avec l’approbation de la dévolution du patrimoine immobilier. Peu convaincus, des élus ont voté contre.

Le document s’appuie sur une vision « fondée sur les valeurs qui nous définissent », mais la présidence n’a pas su présenter ces valeurs. La discussion a cependant montré que la recherche de la vérité n’en faisait pas partie.

Science ouverte : Ho oui ! Évaluez-moi plus fort !

La stratégie de science ouverte a longuement été présentée aux membres du Congrès, sans aborder la question de la bibliométrie. Les chercheurs de l’université sont désormais obligés d’utiliser un seul outil centralisé et contrôlé par la présidence pour renseigner leurs publications en vue de toutes les évaluations. 

La présidence, dans une démarche qu’elle présente de « contrition », a décidé que cet outil sera également utilisé pour les évaluations individuelles, type CRCT, PEDR ou suivi de carrière (auxquelles la présidence souhaite donc assujettir les revenus et temps de travail des personnels – voir LPPR, mon amour-haine).

La présidence a ensuite affirmé avec force que cet outil ne serait pas utilisé pour les évaluations individuelles. Elle a exclu toute utilisation bibliométrique, mais annonce n’avoir prévu aucun dispositif de prévention contre les utilisations bibliométriques. 

Enquête auprès des personnels de l’Université de Strasbourg

La présidence n’a pas souhaité présenter l’enquête menée auprès des personnels de l’université de Strasbourg, qui montre que 6 personnels sur 10 estiment que leur conditions de travail se sont dégradées depuis la fusion et se déclarent pessimistes sur l’avenir.

Pour raison, la présidence avance l’absence de demande de présentation en Congrès dans le mail que voici :

NB : Ce résumé n’est pas parodique.

Motion du Congrès de l’Université de Strasbourg à propos de la LPPR

Le Congrès de l’Université de Strasbourg réuni le 28 janvier 2020 est inquiet quant aux perspectives que dessine l’avant-projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Plusieurs éléments actuellement proposés sont en effet de nature à porter un préjudice irréversible à la recherche publique : concentration accrue des financements sur quelques établissements et équipes, choix de privilégier les financements sur projet au détriment de financements récurrents pour refinancer l’ESR, modulation des services des enseignants-chercheurs, arrêt des recrutements d’enseignants-chercheurs et d’autres personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche  titulaires au profit de recrutements temporaires et précaires.

Par conséquent, le congrès s’oppose à tous ces éléments qui remettraient en cause les principes suivants :

1/ Toute politique de recherche suppose que soit garanti le principe de liberté et de pluralité des activités académiques et scientifiques et d’en assurer la mise en œuvre par des financements récurrents et importants.

2/ Une politique des sciences doit se fonder sur une approche coopérative de la production de la connaissance et non pas seulement sur la mise en concurrence systématique des laboratoires et des personnes qu’induisent les instruments de sélection par appels à projets.

3/ Toute politique de recherche doit s’appuyer sur un plan ambitieux de recrutements de titulaires (enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATSS et IT) permettant au minimum de revenir aux effectifs de 2005 et de résorber une précarité endémique des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, nuisible non seulement à leur qualité de vie mais aussi à la production et à la diffusion scientifique.

Motion adoptée à l’unanimité des membres du Congrès de l’Université de Strasbourg, le 28/01/2020

Lettre aux administrateurs de l’Université de Strasbourg

Mesdames et Messieurs les administrateurs,

Nous sommes convoqués mardi 21 janvier par le président Deneken pour un Conseil d’administration consacré principalement à l’adoption d’un « schéma directeur immobilier » (SDI) pour l’université de Strasbourg. Ce point peut paraître anodin, alors que les personnels seront particulièrement touchés par la réforme des retraites, alors que la LPPR (Loi de programmation pluriannuelle de la recherche) risque de modifier profondément l’enseignement supérieur comme nos statuts, alors que les étudiants de l’AFGES interpellent le Congrès sur l’urgence des mesures à prendre contre le réchauffement climatique. C’est cependant d’une orientation majeure de l’avenir de l’Université de Strasbourg qu’il nous est demandé de décider.

Par ordre croissant d’importance, trois éléments principaux du document méritent attention :

  • – la programmation d’OPÉRATIONS IMMOBILIÈRES spécifiques. Le caractère provocateur de certaines d’entre-elles – telles les privatisations du rez-de-jardin du Palais-Universitaire et du bâtiment de l’Institut de physique – ne doit pas masquer les éléments plus importants du dispositif envisagé, qui sont les suivants,
  • – la DÉVOLUTION DU PATRIMOINE. Elle correspond au transfert par l’État de la pleine propriété et de la pleine responsabilité des biens immobiliers à l’Université de Strasbourg qui en disposera à sa guise, pour les vendre éventuellement, et devra en assumer toutes les charges afférentes, telle que l’assurance des bâtiments,
  • – la CRÉATION DE FILIALES de l’Université de Strasbourg, à qui sera confiée la gestion des biens immobiliers et les activités commerciales associées. En effet, la simple vente des quelques villas de la Neustadt dont la cession est envisageable ne justifie pas une opération de dévolution. Afin de valoriser plus profondément le patrimoine et de créer de nouveaux moyens financiers, il est envisagé que l’université se dote des outils de gestion commerciale nécessaires.

Ce dernier point est le plus critique. Il constitue un choix majeur pour l’avenir. On risque premièrement de dévoyer une Université qui voudra devenir un acteur économique au lieu de se consacrer à l’enseignement et la recherche. Deuxièmement, dans la continuité du processus le transfert de compétence de la LRU, la gestion de l’université va devenir plus complexe et sa maîtrise sera réservée à des spécialistes, intégrés dans des services administratifs renforcés. La gestion démocratique de l’Université centrée sur les missions d’enseignement et de recherche définies par les enseignants-chercheurs avec les personnels biatss et les étudiants sera mise en péril et une gouvernance imposée de l’extérieur se développera sur le modèle déjà en vigueur dans d’autres pays. Enfin, l’État va se désengager financièrement en poussant l’Université à assurer ses propres financements à travers la valorisation programmée de son patrimoine immobilier et le développement d’activités commerciales qui lui seront liées.

Le SDI, proposé par la société COS pour un coût de 400.000 €, ne présente pas de liste claire des points qu’il nous est proposé d’adopter. Le processus menant à la dévolution est enclenché sans qu’apparaisse, comme cela avait été promis initialement par la présidence, une solution alternative vers laquelle pourrait se porter notre choix. En effet, la proposition de délibération est formulée de la manière suivante :

« Le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg approuve le projet de Schéma directeur immobilier (SDI) portant sur la période 2022-2042 et l’engagement de négociations avec les ministères concernés en vue d’étudier la candidature de l’établissement à la dévolution du patrimoine, cette hypothèse étant intégrée dans ce SDI. »

Nous sommes appelés à une décision très imprécise, qui valide en bloc l’ensemble des 180 pages d’un document comportant énormément d’éléments, pour certains très discutables, et qui engage l’Université de Strasbourg pour les prochaines décennies. Voulons-nous une université qui s’épuise dans une quête vaine de moyens et d’outils financiers qu’elle ne pourra maîtriser, comme dans des activités immobilières et commerciales l’entrainant hors de ses missions académiques, l’enseignement et la recherche ? Notre responsabilité d’administrateurs est donc engagée et nous ne pouvons voter un tel changement de paradigme en croyant naïvement adopter un simple plan pluriannuel d’investissements immobiliers.

Dans un contexte où nous peinons à obtenir de la présidence une vision transparente des outils financiers liés aux PIA et aux fondations associées à notre l’université, dans un contexte où l’enquête menée récemment montre le malaise qui règne au sein des personnels, nous vous proposons par conséquent d’adopter, lors de la séance du Conseil d’administration, les décisions suivantes concernant le point 3.2 de l’ordre du jour :

  • Afin d’éviter que chaque ligne du document proposé dans son état actuel prenne valeur de décision qu’il aura votée, le CA demande à sursoir à l’adoption du SDI en attendant que lui soit fourni par la société COS une synthèse détaillant point par point chaque décision concrète proposée.
  • Le CA repousse toute décision concernant une éventuelle dévolution du patrimoine jusqu’à ce qu’un scénario alternatif soit effectivement proposé, comme cela avait été décidé par le CA.
  • Le CA refuse tout engagement de l’université de Strasbourg dans un processus de filialisation de ses activités. Il limitera explicitement l’objet de sa délibération à un schéma directeur immobilier, en excluant toute décision qui autoriserait l’université à s’engager dans la commercialisation de locaux à travers la création de filiales.

Avec nos sentiments les meilleurs

Les élus de la liste Alternative au Conseil d’administration


Documents :

Conseil d’Administration du 17/12/2019

Pour ce dernier CA de l’année 2019, l’ordre du jour était chargé : près d’une cinquantaine de points, et 150 Mo de documents.

Budget

D’abord nous avons approuvé un budget de plus de  500M€, et notamment le PPI et le PAPE.

La présidence a regretté le trop grand nombre d’heures d’enseignement, puis a lourdement regretté l’avancement à l’ancienneté des personnels (GVT, désormais sans compensation par le ministère), pour lequel il a fallu trouver ~1,5M€. Ensuite, elle s’est félicitée d’avoir obtenu ~1,5M€ de moyens nouveaux du ministère, mais qui ne seront pas utilisés pour l’avancement à l’ancienneté des personnels. ¯\_(ツ)_/¯

Le PPI (plan pluriannuel d’investissement) contient toutes les décisions d’investissement. C’est le document principal qui permet aux administrateurs de décider de l’utilisation des moyens de l’université en terme patrimonial. Il répartit 94M€, dont 42M€ directement issus de la trésorerie de l’université, et 16M€ qui restent encore à trouver. Il n’a été ni présenté ni discuté. ¯\_(ツ)_/¯

Le PAPE (projet annuel de performance) porte les grands axes stratégiques de l’établissement. Nous n’avons pas réussi à en identifier l’auteur et il contient des valeurs inexplicables. Il n’a été ni présenté ni discuté. ¯\_(ツ)_/¯

Conformément à la tradition, il a ensuite été refusé aux administrateurs d’avoir une connaissance de l’utilisation des moyens principaux de l’université : IDEX et Fondations (voir les explications donnée lors de la table-ronde 5 : Les stratégies d’universités en lien avec leurs territoires et le monde socio-économique, à partir de 14:00) ¯\_(ツ)_/¯

Ces deux documents ont ensuite été approuvés à la majorité des élus au conseil d’administration. ¯\_(ツ)_/¯

Schéma directeur immobilier

Il a été demandé au conseil d’administration d’approuver la dévolution de son patrimoine selon les mêmes modalités démocratiques. Fait intéressant, la dévolution du patrimoine ne représente strictement aucun intérêt pour l’université, seulement des risques très importants à moyens termes. Se lancer dans la dévolution en pleine LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche) est bien sûr totalement irresponsable. Mais cela fait plaisir à la ministre, alors on va le faire. On est comme ça à l’unistra ! ¯\_(ツ)_/¯

Les élus d’opposition ont obtenu que ce point soit discuté en janvier, pour laisser le temps à la communauté de s’en emparer. Le document est disponible sur la GED, n’hésitez pas à en parler à vos élus et directeurs. Après tout, il s’agit d’une sortie définitive du périmètre des services publics nationaux, peut-être que ça vaut le coup d’en parler un peu quand même.

Campagne d’emplois

Les élus Alternative ont évoqué les problèmes rencontrés par les personnels travaillant pour les Labex (CDD renouvelés d’année en année puis stoppés à la limite légale des 6 ans obligeant à la transformation en CDI). Mais cela n’a pas même conduit à envisager un changement des pratiques. ¯\_(ツ)_/¯

Cette année, la présidence a décidé de baisser de 40% le nombre de postes de fonctionnaire mis au concours. Cela relève d’un choix politique. Par exemple, maintenir les 14 postes de MCF supprimés aurait couté environ 800k€, mais les administrateurs ont préféré, pour la même somme, approuver le recrutement de 2 chercheurs américains de renom.

Il a été clairement établi en séance qu’il s’agissait d’un choix, certes difficile, mais seulement un choix, qui pourrait parfaitement être différent.

Seuls les élus Alternative, CGT et Solidaires auraient fait un choix différent, les autres administrateurs ont préféré approuver le recrutement de 2 chercheurs de renom plutôt que de 14 maîtres de conférences. ¯\_(ツ)_/¯

Hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers

Courageusement, l’université renouvelle son approbation de cette mesure nationale, tout en poursuivant l’exonération locale (sans pouvoir dire pour combien de temps encore). ¯\_(ツ)_/¯

Création de diplômes universitaires

Comme lors de toutes ses séances, les administrateurs ont approuvé la création de nouvelles formations payantes pour les étudiants. Depuis la création de l’université, et malgré les demandes systématiques faites à toutes les séances, aucun bilan n’en a été fait. Il est désormais évident que ce refus vise à cacher une politique contraire aux valeurs de l’université (et même pas rentable). ¯\_(ツ)_/¯

Dons

L’université a reçu un don de « Trois œuvres photographiques + trois encadrements (portraits Prix Nobels MM. Lehn, Hoffmann, Karplus) », évalué à 1 980€. Interrogée sur ce don, la présidence a expliqué que ce montant était apprécié par le donateur, et qu’il permettait la défiscalisation « comme le secours populaire ». ¯\_(ツ)_/¯

Consultation sur les transformations des carrières des enseignants-chercheurs à l’Université de Strasbourg

Chères et chers collègues,

La réunion plénière du jeudi 26 septembre pour échanger sur des questions portant sur le statut et les missions des enseignants-chercheurs a permis de découvrir que se discutent de lourdes transformations de nos missions et statuts, dont notamment la suppression des services statutaires d’enseignement et du statut de Maître de conférences.

Elle a également permis de découvrir que l’Université de Strasbourg impulse ces transformations, notamment par sa participation, dans la CURIF (Coordination des universités de recherche intensive françaises), à la rédaction de propositions similaires avant même l’annonce ministérielle.

Pour évaluer l’action du président, une consultation sur les transformations des carrières des enseignants-chercheurs à l’Université de Strasbourg a été organisée. Elle a été diffusée par mail et par l’Actu et le président lui-même a annoncé participer à sa diffusion. Son résultat est sans appel : 92% des répondants n’approuvent pas les transformations revendiquées par la CPU et n’approuvent pas l’action du président en leur faveur.

Le format de la réunion du 26 septembre n’ayant pas permis ni de prendre connaissance de toutes les mesures envisagées, ni d’en débattre, ni de se prononcer collectivement sur leur pertinence. Les groupes de travail qui vont être mis en œuvre ne sauraient remplacer un débat plus large, seule une infime minorité non représentative y participant.

C’est pourquoi nous avons demandé, sans délai :

  • la transmission à tous les personnels de l’intégralité des documents issus des groupes de travail de la CURIF à laquelle l’université a participé ;
  • l’ouverture d’un espace de travail ERNEST permettant à tous les personnels de s’informer et de débattre. Ces espaces sont tout à fait adaptés à ce type d’échange, notamment parce qu’ils permettent de discuter, de déposer des documents et de faire des sondages ;
  • l’organisation d’une consultation la plus large possible permettant à notre communauté universitaire de formuler une position officielle.

Malheureusement, plusieurs semaines plus tard, nous n’avons toujours rien reçu, aucun espace de travail n’a été ouvert et aucune consultation organisée.

Le président prend donc maintenant le choix conscient d’agir contre la volonté des personnels, contre leurs valeurs, et contre leurs intérêts, ce qui explique sa frilosité à organiser un débat dépassant son cabinet.


Méthodologie de la consultation

Texte d’accompagnement

Lors de l’assemblée générale du 18 juin 2019, le président Michel Deneken s’est déclaré en accord avec les revendications exprimées dans le communiqué de la CPU « Pour une approche proactive de l’autonomie« , à savoir :
– la refondation de la contractualisation et la réduction massive des textes réglementaires ;
– la suppression de la qualification, et la révision de l’ensemble de la procédure de recrutement des enseignants-chercheurs ;
– des promotions décidées localement ;
– un assouplissement du cadre des missions des enseignants-chercheurs et de la comptabilisation de leurs activités, la règle des services de 192h TD équivalent présentiel devenant obsolète.

Ces demandes visent donc explicitement à la suppression de tous les cadrages nationaux régissant les carrières et activités des enseignants-chercheurs, y compris statutaires. Il s’agit d’étendre le mouvement amorcé par la LRU, plaçant les enseignants-chercheurs « sous l’autorité du président », à tous les aspects de leur carrière et de leur activité. Le seul organe ayant encore autorité sur les carrières en dehors des présidences étant le CNU, ce dernier est particulièrement visé.

En tant que président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken s’exprimera nationalement au nom de notre université pour favoriser et accélérer ces transformations profondes.

C’est pourquoi il est indispensable que notre communauté s’exprime clairement à ce sujet.

Les informations reccueillies dans ce formulaire ne seront utilisées qu’à des fins statistiques, et aucune information personnelle ne sera divulguée publiquement. Cette consultation est strictement réservée aux personnels du site de Strasbourg.

CNT-STP67, FO-ESR, SES-CGT, SNTRS-CGT, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, Sud Education Alsace

Question

  • J’approuve les transformations revendiquées par la CPU et l’action du président de l’université en leur faveur. 
  • Je n’approuve pas les transformations revendiquées par la CPU et je n’approuve pas l’action du président de l’université en leur faveur. 
  • Je ne me prononce pas, et laisse toute latitude au président pour s’exprimer au nom de l’université.

Répondants

175 personnes ont participé à la consultation, déclarant les qualités ci dessous :

Lettre ouverte à M. Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg

Monsieur le Président,

Lors de sa séance du 25 septembre dernier, la Commission de la recherche du Conseil académique de notre université était appelée à se prononcer sur le point 7 de son ordre du jour, portant sur sa « politique de science ouverte ». Étaient inclus, en particulier, le développement de l’archive ouverte UnivOAK et l’obligation donnée aux chercheurs d’y déposer leurs nouvelles publications.

Le vote de ce point est intervenu en fin de séance : 2 membres de la Commission de la recherche se sont prononcés contre tandis que 6 d’entre eux s’abstenaient. Mme Florentz, qui animait la séance, a refusé de demander un vote explicite des personnes se prononçant en faveur de ce point. Invoquant une pratique habituelle dans l’établissement, elle a déduit un nombre de votes positifs égal à 13 voix du nombre de personnes ayant émargé la liste des présents en début de séance. Or de nombreux membres de la Commission avaient quitté la salle, sans laisser de procuration : le décompte des personnes présentes aurait dû mener au rejet de ce point.

Nous ne pouvons en conséquence que constater la nullité du vote du point 7 de la séance : le scrutin qui a été réalisé prend en compte les voix de personnes qui ne pouvaient s’exprimer et ne se sont pas exprimées, car elles étaient absentes et non représentées.

Nous voulons également, par cette lettre, protester contre ce type de pratiques dans le fonctionnement des conseils de notre université. Elles ramènent en effet le rôle des conseils centraux à celui de simples chambres d’enregistrement, en les privant de leur droit à refuser les textes qui leur sont réglementairement soumis. Elles les empêchent en outre de participer à la bonne marche de l’université en niant leur capacité d’amender et d’améliorer les points qui relèvent de leurs compétences.

Nous vous demandons solennellement de faire en sorte que le fonctionnement des conseils académique et d’administration, et en particulier les procédures de vote, reviennent à une stricte application des textes réglementaires, dans un souci de respect des principes de démocratie, de transparence et d’efficacité dans notre université.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos respectueuses salutations.

Les élus des listes Alternative 2017 au Conseil académique et au Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg.

Conseil d’administration du 01/10/2019

Budget N1-N2 2020

La deuxième étape de la construction du budget 2020 vient d’être franchie : après l’adoption de la lettre d’orientation budgétaire en congrès, le CA de l’université vient d’adopter le budget N1-N2, qui ventile les moyens dans les différentes fonctions de notre établissement.

Il s’inscrit dans la parfaite lignée du budget N1-N2 de l’an dernier, en poursuivant plusieurs évolutions significatives qui résultent de décisions politiques, et non d’évolutions budgétaires contraintes : accroître  significativement la charge les personnels titulaires, avec une large augmentation des heures complémentaires, poursuivre le gel des recrutements et baisser le nombre de missions complémentaires d’enseignement pour les doctorants.

De façon explicite :

  • – 45% de soutien à la recherche : 5M€ (9M€ en 2010) ;
  • – 36% de dotation des composantes : 7M€ (11M€ en 2010) ;
  • – 70% pour les appels d’offre exceptionnels formation et recherche : 0,3M€ (1M€ en 2018, puis 0,6M€ en 2019).

L’essentiel des économies ainsi faites sur les missions permet de financer les projets de la présidence. Ces projets s’avèrent trop nombreux, et souvent plus coûteux ou moins rentables que prévu. Ils nécessitent donc des dépenses supplémentaires pour sauver la réputation de la présidence. 

Comparé à celui de l’an dernier, le rapport de la commission des finances est très inquiétant.

Le nouveau “dialogue stratégique de gestion” avec le ministère

Notre université est pilote dans la mise en œuvre du nouveau « dialogue stratégique de gestion » national. Cette nouvelle approche consiste à octroyer une partie des subventions récurrentes sur projets pluriannuels sans appel.

Les projets présentés au ministère ont été décidés exclusivement par la présidence sans aucune concertation, ni avec la communauté, ni avec les conseils élus. Il s’agit de projets pluriannuels d’un an (« one shot » sic) concernant des besoins ordinaires. Nous aurions donc dû pouvoir les financer par nous-même sans ce « dialogue stratégique de gestion ».

Face à de telles incohérences, il est clair qu’il s’agit simplement du maquillage d’une allocation des moyens purement discrétionnaire par le ministère qui n’est tenu ni d’annoncer ses intentions, ni de justifier ses décisions.

D’après le président, cette politique de transformation des dotations récurrentes en financements ciblés n’affaiblit par l’autonomie des universités. Ce n’est pas notre analyse.

Les ITI, Instituts Thématiques Interdisciplinaires.

D’après la présidence, 1600 chercheurs et enseignants-chercheurs sur les 2000 que compte l’université, auraient répondu aux ITI. 24M€ serait demandés, mais seulement la moitié serait disponible pour les financer (9M€ des Labex, la moitié de l’IDEX recherche et peut-être d’autres leviers IDEX). 

D’après la vice-présidente en charge de la Recherche, la motivation pour y postuler est la seule recherche de moyens. Elle espère cependant, sans illusion, un éventuel intérêt pour l’interdisciplinarité. D’après elle, les raisons de ne pas y postuler sont : l’exclusion par ceux qui postulent, le refus de l’interdisciplinarité, l’absence d’intérêt pour l’IDEX.

Les ITI sont entièrement financés sur les ressources de l’université, dont un prélèvement de la moitié de l’IDEX recherche. Il ne s’agit absolument pas de ressources nouvelles, mais d’une nouvelle répartition des ressources. La présidence n’a pas su nous expliquer son objectif réel, même si plusieurs fois il a été question de “restructuration du paysage”.

Il a été établi, sans désapprobation ni répartie de la présidence, que :

  1. la politique budgétaire de la présidence, mimant celle du ministère, consiste à transformer progressivement les dotations récurrentes en financements spécifiques, sous son contrôle ;
  2. la présidence ne souhaite pas assumer ouvertement cette responsabilité, et fait donc appel à des « experts internationaux de haut niveau », tout en se conservant, sans contrôle, le choix final ;
  3. ces politique ne sont pas ouvertement assumées par la présidence, et doivent être découvertes par un travail minutieux de rétro-ingénierie des budgets et des questions auxquelles il est difficile d’obtenir des réponses ;
  4. personne n’a jamais pu prouver l’efficacité de ce type de politique ;
  5. ces politiques sont contraires aux intérêts des personnels de notre université.

Réunion plénière sur le statut et les missions des enseignants-chercheurs : jeudi 26 septembre 2019

Courrier aux personnels de l’Université de Strasbourg

Chères et Chers Collègues,

La réunion plénière du jeudi 26 septembre pour échanger sur des questions portant sur le statut et les missions des enseignants-chercheurs a permis de découvrir que se discutent de profondes transformations de nos missions et statuts, dont notamment la suppression des services statutaires d’enseignement et du statut de Maître de conférences.

Elle a également permis de découvrir que l’Université de Strasbourg impulse ces transformations, notamment par sa participation, dans la CURIF (Coordination des universités de recherche intensive françaises), à la rédaction de propositions similaires avant même l’annonce ministérielle.

Le format de cette réunion n’a cependant permis ni de prendre connaissance de toutes les mesures envisagées, ni d’en débattre, ni de se prononcer collectivement sur leur pertinence. Les groupes de travail qui vont être mis en œuvre ne sauraient remplacer un débat plus large, seule une infime minorité non représentative y participant.

C’est pourquoi nous demandons sans délai :

  • la transmission à tous les personnels de l’intégralité des documents issus des groupes de travail de la CURIF à laquelle l’université a participé ;
  • l’ouverture d’un espace de travail ERNEST permettant à tous les personnels de s’informer et de débattre. Ces espaces sont tout à fait adaptés à ce type d’échange, notamment parce qu’ils permettent de discuter, de déposer des documents et de faire des sondages ;
  • l’organisation d’une consultation la plus large possible permettant à notre communauté universitaire de formuler une position officielle.

Pour que la réflexion soit la plus riche possible, il est indispensable que le débat ait lieu dans la communauté en même temps, sinon avant, que les groupes de travail se réunissent, donc maintenant.

Bien cordialement,

Les élus aux trois conseils sur les listes Alternative


Courrier original

Chères et Chers Collègues,

Nous avons le plaisir de vous inviter à une réunion plénière le jeudi 26 septembre de 12 h 15 à 13 h 45 (amphithéâtre Jean Cavaillès – bâtiment «Le Patio») pour échanger sur des questions portant sur le statut et les missions des enseignants-chercheurs.

La thématique de la politique des ressources humaines constitue un des trois enjeux majeurs de la prochaine Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR).

Chacun peut ainsi se poser légitimement des questions sur l’évolution des missions, la comptabilisation des activités, la gestion des carrières des enseignants-chercheurs., etc.

La réunion du jeudi 26 septembre sera l’occasion d’initier des échanges sur ces sujets avec l’ensemble des enseignants-chercheurs de notre université.

Elle sera également l’occasion de présenter le guide «Repères pour l’exercice du métier d’enseignants-chercheurs» publié en juin 2019.

Bien cordialement,

Michel Deneken, président de l’Université
Elisabeth Demont, vice-présidente Ressources humaines et politique sociale

Lettre d’information rentrée 2019/2020

Chère et chers collègues,

Cette année, tout change ! 

La réforme en cours des retraites ne baissera pas nos cotisations, mais seulement nos pensions de l’ordre de 26%. Nous y perdrons toutes et tous. Le mardi 24, jour de grève à ce sujet, le Conseil d’administration se réunira et n’en parlera pas. « Par delà les frontière » peut-être, mais défendre nos intérêts… Hou la la !

Côté enseignement, le premier cycle va être entièrement transformé. Premières annonces de cet été : les Bachelors peuvent octroyer le grade de Licence et les DUT vont s’inclure dans un Bachelor. Le reste suivra, sans qu’on sache comment, même si on a bien compris pourquoi.

Côté recherche, la LPPR (Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche) va être adoptée. Elle ne programmera pas la recherche, mais s’attaque déjà frontalement à nos statuts. Lors de l’assemblée générale du 18 juin 2019, le président Michel Deneken s’était d’ailleurs déclaré en accord avec les revendications exprimées dans le communiqué de la CPU “Pour une approche proactive de l’autonomie”, à savoir :

  • la refondation de la contractualisation et la réduction massive des textes réglementaires ;
  • la suppression de la qualification, et la révision de l’ensemble de la procédure de recrutement des enseignants-chercheurs ;
  • des promotions décidées localement ;
  • un assouplissement du cadre des missions des enseignants-chercheurs et de la comptabilisation de leurs activités, la règle des services de 192h TD équivalent présentiel devenant obsolète.

Ces demandes visent donc explicitement à la suppression de tous les cadrages nationaux régissant les carrières et activités des enseignants-chercheurs, y compris statutaires. Elles rejoignent celles de l’IGAENR, qui recommandent la fin de l’avancement à l’ancienneté, l’augmentation du temps de travail, le non-renouvellement des départs à la retraite, et la baisse de l’offre de formation.

En tant que président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken s’exprime nationalement au nom de notre université pour favoriser et accélérer ces transformations profondes. Tout comme la réforme des retraites et du premier cycle, ces transformations seront défavorables à nos missions et carrières. 

Pour seule information avant acceptation définitive, les quelques 1800 enseignants-chercheurs de notre universités sont invités à « échanger sur des questions portant sur le statut et les missions des enseignants-chercheurs » le jeudi 26 dans un amphithéâtre. 

Cette question vaut plus qu’une réunion de 12 h 15 à 13 h 45, et c’est pourquoi nous vous invitons à répondre à cette consultation pour pouvoir vraiment donner votre avis.

24 septembre 2019 : Retraites ou CA, il faut choisir.

La réforme des retraites de MM. Philippe et Delevoye instaure la retraite à points, permettant de modifier la valeur du point. Pour les fonctionnaires que nous sommes, cela évoque directement notre point d’indice, gelé depuis maintenant 10 ans. Pour les scientifiques que nous sommes, l’appel du gouvernement à « faire confiance » pour l’évolution de la valeur du point des retraites n’est donc pas acceptable. 

Les simulations montrent d’ailleurs une baisse du montant de nos retraites de l’ordre de 26%, conformément à l’objectif annoncé par M. Fillon (grand réformateur des retraites).

Cette réforme sera défavorable à la totalité des personnels de notre université. Dans un contexte de grande instabilité de nos statuts et missions, comme du financement des universités (voir « Les universités sommées de mieux gérer leurs effectifs »), céder sans aucune protestation serait un signal extrêmement dangereux pour toutes les autres négociations en cours. Il s’agirait d’une faute politique, dont les conséquences seront dramatiques pour les personnels comme pour l’établissement.

Mardi 24 septembre se tiendra une grève en protestation contre cette réforme. Ce même jour est prévu un Conseil d’administration. Nous demandons à M. le président de notre université de reporter ce Conseil d’administration et de permettre à chacun de tout mettre en œuvre pour combattre cette réforme. 

Nous demandons également à tous les élus de l’université, quels que soient leurs mandats,  de se joindre à cette grève, indépendamment de leurs convictions personnelles, par responsabilité collective et respect envers leurs électeurs.

Ce texte est ouvert à la signature : https://framaforms.org/reforme-des-retraites-et-universite-de-strasbourg-1568911396

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