Lettre d’information Covid19

Conseil d’administration

Un Conseil d’administration s’est tenu du vendredi 27 mars 9h au mercredi 1er avril 2020 14h par email, modalité qui ne permet pas la discussion. L’ordre du jour comportait deux points, dont aucun n’avait trait à la crise actuelle. La situation actuelle de l’université n’a pas été présentée par la présidence, et le Conseil n’a pas été invité à se prononcer sur cette question. Nous avons cependant pu poser des questions et obtenir certaines réponses.

CFVU

Les cfvu sont remplacées par des eventos pour voter. Les membres ont été invités à discuter par mail. La stratégie adoptée par l’université à savoir tenir les évaluations avant l’été en modifiant éventuellement les MECC n’a pas été soumise à débat.  

CR

Le 13 mars, le message suivant a été adressé aux membres de la CR : « Suite aux annonces du Président Macron, hier soir et de notre ministre Mme Vidal cet après-midi, toutes les réunions programmées prochainement : la COP Recherche, le Jury des Prix Espoirs, le conseil doctoral, la commission Recherche, sont reportées à une date ultérieure. Nous reviendrons vers vous dès que possible afin de fixer les prochaines échéances. »

Nous n’avons reçu aucun message depuis. 

Position des élus alternative

L’université est complexe et diverse, il n’existe que des cas particuliers. Cependant, nous avons dressé une liste de constats objectifs qui s’appliquent dans la majeure partie des cas :

  • Le confinement a pour conséquence une augmentation des charges de travail et une dégradation des conditions d’exercice.
  • Il sera impossible de faire autant et aussi bien que d’habitude dans ces conditions.
  • Essayer de tout faire conduira à tout faire mal et à augmenter le stress de toute la communauté.
  • L’assiduité des étudiants, au cours comme aux examens, n’est plus contrôlable.
  • L’égalité de traitement des étudiants ne peut être assurée.
  • Les connaissances ne peuvent être transmises dans les meilleures conditions.
  • Les acquis ne peuvent être évalués dans les conditions minimales de validité.
  • Contrôler les connaissances sans les transmettre n’a pas de sens.
  • Transmettre les connaissances sans les contrôler est l’essence de l’Université.
  • Les MECC (modalités d’évaluation et de contrôle continu) adoptées pour cette année sont de facto caduques.
  • Faire remonter de nouvelles MECC n’améliorera ni l’enseignement ni les évaluations.
  • Plus on attend, plus nombreux seront les étudiants et enseignants malades ou en situation difficile.
  • Le suivi des étudiants à distance n’est pas possible pour les grands effectifs. Seuls les petits groupes sont effectivement suivis, non sans difficulté. 
  • L’accompagnement des étudiants à distance accentue les inégalités entre étudiants.

Sur la base de ces constats, les élus Alternative adoptent la position suivante :

Puisqu’il faut choisir, les élus Alternative réaffirment un ordre de priorité : d’abord la santé, ensuite la solidarité, après l’enseignement, enfin les validations. A cet égard, ils choisissent la transmission plutôt que le contrôle des connaissances. 

  1. Neutralisation des MECC actuelles et suppression de la remontée en urgence des MECC modifiées : plutôt que d’obliger les enseignants à transmettre les MECC à la présidence, il sera plus efficace de faire confiance aux enseignants pour transmettre ces MECC à leurs étudiants en concertation avec leur équipe pédagogique. 
  2. Accepter le changement présent et organiser l’après : plutôt que de réagir au jour le jour en s’épuisant à maintenir une impossible normalité, prendre la mesure de la situation notamment pour les évaluations confinées (voir le Vadémécum « évaluation confinée »), et penser dès à présent à prendre en compte ce semestre extra-ordinaire dans les années d’étude suivantes.
  3. Rendre service : mobiliser notre énergie à transmettre nos connaissances, et mobiliser ces connaissances à documenter la situation et à réfléchir sur ses conséquences. Utilisez les différents outils à disposition pour échanger au sein de la communauté universitaire mais aussi en dehors, pour rendre service en dehors des normes scolaires qui viennent de voler en éclat.

Conseil d’administration du 27-31/03/2020 – Questions/Réponses sur le confinement

Les élus Alternative ont saisi l’occasion du Conseil d’administration pour présenter leurs inquiétudes face à la crise. Ils estiment qu’il est nécessaire de prendre la mesure de la situation avec réalisme :

  • le confinement augmente la charge et dégrade les conditions de travail, et qu’il est donc déraisonnable de demander à la fois de continuer à délivrer tous les cours et de mener toutes les évaluations ;
  • que cette continuité de service sans priorité claire peut mener à des épuisements ou des sentiments de mal-faire qui menacent le bien-être des étudiants et personnels ;
  • que dès lors que des étudiants, notamment les plus fragiles, ne sont plus en mesure d’assister aux enseignements, les conditions d’égalité de traitement ne sont plus garanties, notamment pour les évaluations ;
  • que la communauté a besoin de consignes générales concernant les trois points susmentionnés, non pas pour contraindre, mais pour assurer et rassurer, tant les étudiants que les enseignants confrontés à ces problèmes bien réels ;
  • et qu’il convient de prévoir dès maintenant la gestion de la sortie de crise, puisque les étudiants et personnels seront occupés et préoccupés au moment du déconfinement par d’autres soucis que professionnels. 

Cependant, la présidence estime pour sa part, que :

  • « il ne [lui] semble pas qu’il y ait d’opposer enseignement à évaluation, continuité du service à bien-être personnel. » ;
  • « il n’y a pas de lien direct entre la validation des acquis et la vérification de l’assiduité. Cette dernière reste d’ailleurs globalement vérifiable, de manière variable selon les circonstances. » et « tous les étudiants doivent pouvoir être en mesure de valider leur semestre. » ;
  • « il serait absurde, donc, que l’on donne des consignes générales : chaque enseignant voit ce qu’il peut faire. » ;
  • «  il serait prématuré de répondre [à la question de la sortie de crise] faute d’informations sur la date et les modalités du déconfinement. ».

Le traitement des questions susmentionnées est donc renvoyé à la communauté, par la présidence qui se réserve un droit de contrôle via la CFVU, sans assumer sa responsabilité de prescription et de protection. La présidence ne prévoit d’ailleurs pas l’adoption d’un plan de continuité pédagogique, doute de l’existence d’une proportion non négligeable d’étudiants ne pouvant pas suivre les cours à distance et estime qu’il suffit d’améliorer leur accès au numérique, ne prévoit pas de de mobiliser de fonds supplémentaires en dehors d’un appel aux dons défiscalisés et n’a pas travaillé à la gestion de la sortie de crise. 


Verbatim intégral des questions et réponses :

A propos des étudiants 

1/ Savez-vous combien d’étudiants sont dans le besoin matériel et psychologique ?

« Il n’est pas possible de savoir combien d’étudiants sont dans le besoin matériel et psychologique. Notre objectif n’est d’ailleurs pas de les compter, mais de les contacter et de leur proposer des solutions. »

2/ Quelles sont les mesures prises par l’université en direction des étudiants isolés qui sont dans le besoin matériel et psychologique ? 

« Pour les besoins matériels nous en sommes en lien constant avec le Crous, qui est en responsabilité : après discussion avec le Crous, il est paru préférable de laisser le Crous assurer cette mission, qui lui revient ; en revanche, nous lui apporterons toute l’aide, financière et humaine notamment, requise. »

3/ L’université dispose-t-elle d’un fond d’aide d’urgence ?

  • Si non, quand sera-t-il mis en place? 
  • Si oui, à combien se monte-t-il ? 
    • A-t-il été mobilisé ? si oui, à quoi ?
      • si non, va-t-il l’être ?

La présidence envisage-t-elle de mobiliser l’IDEX pour faire face à la crise ?

« Nous sommes prêts, comme la ministre l’a autorisé, à augmenter la subvention que nous lui accordons, grâce à des fonds prélevés sur la CVEC, mais ce n’est pas l’urgence. Dans l’état actuel des choses, il n’y a donc aucune nécessité de mobiliser des crédits supplémentaires, IdEx par exemple, ni fonds d’urgence. 

Nous cherchons aussi à aider le Crous à trouver des assistants sociaux supplémentaires. Le SVU, d’autre part, va soutenir les épiceries solidaires. »

4/ Comment les étudiants en situation difficile peuvent-ils se signaler à l’université ? 

« Pour les besoins psychologiques, la grosse difficulté réside précisément dans la capacité à établir un lien avec ces étudiants. Cela passe par une meilleure organisation de l’information sur le site (en cours), mais plus encore par les contacts personnels entre étudiants (également via les associations) et avec les enseignants. »

5/ Où peuvent-ils trouver l’information? 

« Le CAMUS est évidemment mobilisé, mais n’a pour le moment pas constaté d’augmentation significative de son activité en lien avec le Covid-19. Sur le CAMUS, et plus largement sur l’information, le service « Communication » a mis en place une page dédiée « Coronavirus », accessible depuis la page d’accueil du site unistra, et qui le sera bientôt depuis Ernest :

http://www.unistra.fr/index.php?id=coronavirus&utm_source=unistra_fr&utm_medium=unistra_fr_homepage.

Après des premiers jours marqués par l’urgence, on est en train de réorganiser et restructurer l’ensemble des informations. Toutes les suggestions sont bienvenues évidemment : nous allons mettre en place une adresse dédiée, c’est une bonne idée (pour rappel, une adresse spécifique avait été mise en place par la DGS).

Nous préparons d’autre part une « boîte à outils », qui a été annoncée ce matin (Gardons le Lien Université-Etudiants) »

A propos des personnels

Les personnels de l’université comme les étudiants ont une disponibilité réduite pour assurer leur travail et leurs études (charge de famille, aides aux proches, actions de solidarité, maladie…). Certains collègues sont débordés sous la double charge d’organiser les enseignements à distance et les contrôles des connaissances à distance. Cette double charge incombe aussi aux étudiants qui doivent à la fois suivre les enseignements et passer des examens à distance. Les risques sont de ne pouvoir faire bien ni l’un ni l’autre et d’augmenter encore le stress de la communauté. 

  • Quelle est la priorité préconisée par la présidence dans l’éventualité où les collègues doivent choisir entre 
    • enseigner ou 
    • évaluer ?
  • La présidence recommande-t-elle de faire 
    • moins d’enseignement ou d’évaluations à distance mais de les faire bien, ou 
    • plus d’enseignement et d’évaluations à distance mais moins bien ?
  • Pour la présidence, la priorité est-elle 
    • au bien-être physique, psychologique et social des personnels et étudiants, y compris au sein de leur foyer, ou bien 
    • à la continuité de service ?

« Il ne nous semble pas qu’il y ait d’opposer enseignement à évaluation, continuité du service à bien-être personnel. »

Comme nous sommes dans une situation inédite, la question n’est pas de faire plus ou moins : nous devons, pour la plupart d’entre nous, dans l’urgence, dans des conditions difficiles, inventer comment faire autrement. La poursuite des activités d’enseignement est même une façon tout à fait essentielle de maintenir le lien social dont nous avons tous besoin. Beaucoup d’étudiants en sont d’ailleurs demandeurs et sont heureux de l’attention, souvent plus personnalisée, que les enseignants peuvent leur accorder dans ces moments. 

C’est ce que l’immense majorité des enseignants essaie de faire : faire autrement, pour, malgré la crise, malgré les difficultés, continuer à faire progresser les étudiants, leur permettre d’avancer dans l’acquisition de connaissances et de compétences.

Sans, cela va de soi que, personnels comme étudiants ne puissent être attentifs à leur bien-être, en toute circonstance et a fortiori dans cette période de crise.

Il serait absurde, donc, que l’on donne des consignes générales : chaque enseignant voir ce qu’il peut faire. Les décisions, notamment sur les évaluations, sont prises à tour de rôle par les équipes pédagogiques, sous la responsabilité du directeur de composante, et in fine par la CFVU. »

A propos des évaluations

Selon Madame Vidal, le contrôle de l’assiduité n’est plus envisageable, au point que ce critère est suspendu pour le versement des bourses. 

  • Est-il possible de valider des acquis lorsque l’assiduité, aussi bien aux enseignements qu’aux examens, ne peut être vérifiée ?
  • Une solution est l’auto-validation des acquis par les étudiants, sous la supervision des enseignants. Puisque les enseignants ne sont plus en mesure de contrôler les acquis, il faut faire confiance à la responsabilité des étudiants envers leurs propres études. 
  • Qu’en pense la présidence ?

« On notera d’abord qu’il n’y a pas de lien direct entre la validation des acquis et la vérification de l’assiduité. Cette dernière reste d’ailleurs globalement vérifiable, de manière variable selon les circonstances. La CFVU travaille sur cette question. »

A propos des concours de recrutement d’enseignants-chercheurs

  • Pensez-vous pouvoir assurer le bon déroulement des concours selon les contraintes du calendrier ministériel ? 
    • Si oui, de quelle manière ? 
    • Si non, qu’est-il prévu ? 
  • Pour les concours au fil de l’eau, quel est le calendrier prévu ?

« Suite à l’annonce par le ministère le 25 mars du report du calendrier de la campagne synchronisée (en lien avec report de la clôture du dépôt des candidatures au 9 avril au lieu du 26 mars), le calendrier « unistra » a été adapté pour permettre une prise de fonctions des nouveaux nommés au 1er septembre.

      Le CACr du 9 avril (dédié à l’examen des demandes de mutation prioritaire et/ou demandes de dispense de qualification) a été reporté en vue d’une mise à disposition des dossiers recevables au plus tard le 23 avril (via le module dédié CHIRON sur Galaxie).  Des modalités vont être proposées aux membres du CACr (cette séance est indispensable pour permettre la poursuite de la procédure).

  Suite au sondage réalisé au début du confinement auprès des présidents de CdS, il s’avère possible d’organiser, pour la quasi-totalité des Cds, les réunions de sélection de dossiers aux dates initialement retenues pour les auditions. Les présidents ont été invités (mail adressé le 25 matin) à contacter les membres des comités de sélection pour arrêter une nouvelle date pour les auditions avec un report de la date limite au mercredi 3 juin (au lieu du 13 mai).

  Toute évolution réglementaire prise par le ministère sera immédiatement transmise aux présidents des CdS (et simultanément aux composantes) dans l’objectif de garantir le meilleur déroulement de la campagne synchronisée.

Pour les concours au fil de l’eau, le calendrier est en cours de finalisation avec l’objectif d’une prise de fonctions des maîtres de conférences le plus tôt possible (le déroulé de la procédure ne permet pas de l’envisager dès le 1er septembre). Les enseignants du second degré prendront pour leur part leurs fonctions au 1er septembre. »

« En ce qui concerne les CST (comités de suivi de thèses), voici ce qui a été indiqué aux directrices et directeurs des ED : “Les calendriers  semblent pouvoir être maintenus puisque l’échéance pour les CST est fixée au 30/09 (soit dans 6 mois), date limite de la réinscription.  S’il y a lieu, vous pouvez tout à fait décider au niveau de chaque ED d’une modification de la forme du CST (format du rapport à rendre en amont, format de la présentation orale, analyse sur dossier sans présentation orale, ….) tout en veillant à respecter le cadre défini au sein du collège doctoral. A nouveau, toute situation particulière pourra être traitée au cas par cas. Ainsi, il n’apparaît à ce stade pas nécessaire de modifier d’emblée l’ensemble de votre procédure pour répondre aux diverses situations qui se présenteront à vous.” » 

Par un message du 2 avril 2020, la VP RH propose de reporter la date limite des auditions au mercredi 10 juin.


1- Est-ce qu’un Plan de continuité de l’activité (PCA) incluant les instructions pour la continuité pédagogique (PCP) est en cours d’élaboration ?

2- Quand sera-t-il transmis aux personnels ?

« Les vice-présidents Formation et Transformation numérique et innovations pédagogiques ont transmis aux composantes les principes généraux de la continuité pédagogique par plusieurs courriers envoyés entre le 16 et le 22 mars. La mise en œuvre elle-même appartient aux équipes pédagogiques, sous la responsabilité des directeurs de composantes. »

3- Peut-on avoir un point d’information sur les remontées des composantes concernant la continuité pédagogique, et notamment la tenue des examens ?

« Malgré la situation tout à fait exceptionnelle, les nouvelles MECC font l’objet d’un examen par la CFVU, selon la procédure habituelle (commission préparatoire, séance plénière), dans des modalités concrètes évidemment adaptées au contexte de confinement, l’ensemble de ces étapes étant concentré en une seule semaine. Il y aura autant de séances de travail que nécessaire pour que toutes les MECC nouvelles soient validées. Ceci est rendu possible grâce à une forte implication des services et des élus (notamment ceux de la commission de suivi) »

4- Comment garantir l’égalité de traitement dès lors qu’une proportion non négligeable d’étudiants ne peut pas suivre les cours à distance ?

« On pourrait discuter sur ce que c’est qu’une proportion « non négligeable ». Mais qu’ils soient en proportion négligeable ou pas, tous les étudiants doivent pouvoir être en mesure de valider leur semestre.

La première chose est d’améliorer l’accès au numérique pour les étudiants qui en auraient besoin.

La DNum a fait, avec d’autres services et avec la DGS, un gros travail pour prêter, vendredi dernier, un ordinateur à plusieurs dizaines d’étudiants qui en étaient dépourvus.

Nous cherchons à mettre en place, sans doute avec l’aide de la Fondation, une solution pour les étudiants dépourvus de (bon) réseau.

Toutefois, ces solutions ne suffiront évidemment pas, ne serait-ce que parce que d’autres problèmes se posent que l’accès au numérique (problèmes de santé, pour l’étudiant lui-même ou pour des proches dont il doit prendre soin ; problèmes de disponibilité d’étudiants mobilisés par les organismes de santé ; problèmes de concentration…) : en fonction de la date et des modalités du déconfinement nous mettrons en œuvre les solutions les plus pertinentes pour les étudiants concernés. »

5- Au moment du déconfinement, il faut prévoir qu’étudiants comme enseignants seront occupés et préoccupés. Quelles dispositions sont prévues pour cette transition ?

« La question est excellente, mais il serait prématuré d’y répondre faute d’informations sur la date et les modalités du déconfinement. Plusieurs scénarios sont à l’étude. »


A propos du paiement des vacations

Le vademecum FAQ administrative du MESRI, estime que pour les vacataires CEV « aucune action [n’est]requise » (i.e. inutile de faire un effort particulier pour accélérer les paiements) et « l’absence de service fait doit conduire à ne pas verser la rémunération ».

https://services.dgesip.fr/fichiers/VADEMECUM_MESRI_ADMINISTRATIF27_mars_vdefformate.pdf

Pourriez-vous confirmer que notre université souhaite faire mieux que ça, en payant les services prévisionnels et en les payant le plus vite possible ?

A titre personnel, je trouve que le signal envoyé par le ministère auprès de nos collègues vacataires, dont certains sont très fragiles, est très inquiétant. Cette inquiétude pourra légitimement être renforcée par le décret de 87 (vacataires) qui stipule seulement « les chargés d’enseignements vacataires peuvent assurer des cours, des TD ou des TP » sans ajouter « ou toute combinaison équivalente en formation initiale, continue ou à distance » comme le fait le décret de 84. En conséquence, le paiement des heures de vacation à distance n’est pas sécurisé.

La gestion du stress n’est pas une mince affaire dans le contexte actuel, et j’estime que notre université devra compenser le stress généré par cette annonce malhabile sinon malheureuse, en étant la plus claire et la plus généreuse possible envers ses propres vacataires, et ce sans tarder.

Pas de réponse 

Conseil d’administration du 27-31/03/2020 – considérations légales

La séance du CA du 10 mars ayant été close avant son terme par M. Deneken, le Conseil d’administration a été à nouveau convoqué. Les administrateurs ont expérimenté une réunion s’étalant sur quatre jours par « échange d’e-mails » afin de voter le complément à la campagne d’emploi pour la mise en place de la L1 sciences pour la santé. Cela aurait pu s’effectuer rapidement par visioconférence et aurait dû n’être qu’une formalité, l’unanimité régnant au sein du conseil sur le point à adopter. La présidence a toutefois fait voter une modification du règlement intérieur du CA qui n’était pas nécessaire compte tenu des textes en vigueur et… de l’ordonnance du 28 mars 2020 publiée durant cette séance de plusieurs jours. 

Cette gestion du CA par la présidence fait naître de nombreuses craintes pour le bon fonctionnement de l’Université dans la période actuelle qui nécessitera de décider de mesures d’urgences. 


Ordonnance n° 2014-1329 – Article 4 – « (…) II. – Sans préjudice des règles particulières de quorum applicables au collège, une délibération organisée selon les modalités prévues à l’article 3 n’est valable que si la moitié au moins des membres du collège y ont effectivement participé.
Ce point a été signalé par plusieurs messages (P. Gilliot 27/03 10:29, H. Michel 30/03 19 :34, etc.). Le vote a pourtant été organisé sans tenir compte de cette exigence réglementaire. Le décompte des votes fait apparaître l’utilisation de plusieurs procurations, comptant ainsi les suffrages de plusieurs personnes n’ayant pas participé effectivement à la réunion du Conseil d’administration.

Règlement intérieur du Conseil d’administration de l’université de Strasbourg – Article 13 – « Le renvoi d’une délibération à une séance ultérieure, tenue dans les plus brefs délais, est de droit lorsqu’un quart des conseilleurs présents ou représentés le demande. (…) »
Le retrait du point 1 de l’ordre du jour avait été demandé au nom des élus Alternative dans un message de Mme H. Michel dès le début de la réunion (27/03 à 9:29). Il n’y a pas été donné suite et aucun recensement des personnes demandant le report n’a été effectué.

Décret n° 2014-1627 dans son article 5 « Les débats sont clos par un message du président, qui ne peut intervenir avant l’heure limite fixée pour la clôture de la délibération. (…) »
Malgré un email signalant, en temps et en heure (mardi 31/03 11:44 P. Gilliot), cette contrainte chronologique au président Deneken, ce dernier a choisi de ne pas envoyer de message déclarant la fin des débats après l’heure limite fixée pour la clôture de la délibération.

Ordonnance n° 2014-1329 – Article 4 I. – « La validité des délibérations organisées selon les modalités prévues aux articles 2 et 3 est subordonnée à la mise en œuvre d’un dispositif permettant l’identification des participants et au respect de la confidentialité des débats vis-à-vis des tiers. »
Le serveur de liste de l’université ne permettait pas aux membres du conseil de vérifier pendant la réunion les destinataires des messages envoyés à l’adresse CA270320 qui était utilisée et, par conséquent, de vérifier par eux-mêmes la listes des participants comme la confidentialité de leurs débats. Ce point avait été signalé par un message envoyé le 27/03 à 9:42 (P. Gilliot).Décret n° 2014-1627 – Article 2 – « L’engagement de la délibération par voie d’échange d’écrits mentionnée à l’article 1er est subordonné à la vérification préalable que l’ensemble des membres a accès à des moyens techniques permettant leur participation effective pendant la durée de la délibération »
Les décompte des membres du Conseil communiquée en début de séance (message de Mme Criqui du 27/03 à 10 :11 et suivants) porte la marque « N’ont pas répondu » pour plusieurs noms de la liste. Il n’y a aucune indication qu’il ait été vérifié si ces personnes ont accès ou non aux moyens techniques permettant leur participation effective.

Congrès du 28/01/2020

Le congrès réunit les membres du Conseil d’Administration (CA), de la Commission de la recherche (CR), de la Commission Formations et Vie universitaires (CFVU) et du Comité Technique d’Etablissement (CTE).

Une délégation d’étudiants et de personnels titulaires et précaires a été reçue en début de Congrès pour obtenir des clarifications sur la position de la présidence de l’université vis-à-vis de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR), et des suites données aux violences d’extrême droite qui se sont tenues sur le campus.

Racisme envers la présidence

Les violences ont été revendiquées par des étudiants de l’université affiliés à l’Action française et la délégation a souhaité que des mesures disciplinaires ou de justice soient prises. Le président a alors expliqué que de telles poursuites n’avaient pas encore été engagées puisqu’elles nécessitent des éléments concrets dont il dispose depuis le premier jour. 

Le président a ensuite affirmé savoir qu’on essayait de le faire passer pour d’extrême droite, alors qu’il était lui-même victime de « racisme ». Haussant le ton sur une élue, il s’est violemment exprimé contre toutes les violences, y compris verbales. Puis il s’est proposé de faire un cours sur les violences légitimes et Saint Thomas d’Aquin.

Make our planet great again (or not)

A la demande des élus AFGES, une motion « Vers une université plus verte » a été discutée pendant plus d’une heure. Il a été établi que l’urgence climatique ne souffrait plus de frilosité, pour preuve notre participation à des appels à projets, dont « Make our planet great again ».

Puis la présidence a expliqué que, dès lors que ça lui rapporterait de l’argent même de façon marginale, elle ne renoncerait à aucun partenariat, y compris avec les industries notoirement polluantes ou qui œuvrent à discréditer des travaux scientifiques sur le climat pour protéger leurs intérêts,. 

La planète et l’indépendance de la recherche sont certes importantes… Mais quand même pas autant que l’argent.

Des élus « université pour réussir » ont également proposé la dissolution complète et définitive de l’université pour réduire son empreinte carbone, mais la proposition n’a pas été retenue.

LPPR, mon amour-haine

A la demande des élus Alternative et CGT, suivis par ceux de la CFDT, une motion sur la LPPR a été discutée pendant plus d’une heure. Le fait que ses mesures allaient contre les valeurs et intérêts de l’université a rapidement fait consensus.

Mais les élus « université pour réussir » et la présidence ont refusé que le Congrès s’y oppose. Ils ont de plus fermement défendu la concurrence comme moteur de la science. Lors des discussions, le président a annoncé avec fierté avoir participé à des groupes de travail et avoir été reçu par le ministère pour y défendre la suppression des 192h, les tenures tracks et CDI de chantier, ainsi que les primes à la performance.

Prenant acte de ces échanges, le congrès a finalement adopté une motion amendée, que la Présidence n’a diffusée ni aux personnels, titulaires ou précaires, ni aux étudiants, et encore moins au ministère quand bien même c’est son devoir.

Le DOS au mur

Un document d’orientation stratégique (DOS – accès par la GED mais probablement pas pour les personnels de l’université) pour la période 20-30 a été approuvé par le Congrès. Issu d’une « démarche résolument participative » pour laquelle la présidence regrette « la faible participation », il s’adosse à la consultation « CAP 20-30 » sans en reprendre les propositions. La présidence s’était engagée à en faire une synthèse et à les soumettre au vote de la communauté, mais a estimé ne pas avoir les moyens techniques d’organiser un vote et n’a pas fait de synthèse. 

D’après la présidence, approuver la phrase « Renforcer son autonomie financière, en tirant pleinement parti […] des perspectives de dévolution de notre patrimoine immobilier » n’a aucun rapport avec l’approbation de la dévolution du patrimoine immobilier. Peu convaincus, des élus ont voté contre.

Le document s’appuie sur une vision « fondée sur les valeurs qui nous définissent », mais la présidence n’a pas su présenter ces valeurs. La discussion a cependant montré que la recherche de la vérité n’en faisait pas partie.

Science ouverte : Ho oui ! Évaluez-moi plus fort !

La stratégie de science ouverte a longuement été présentée aux membres du Congrès, sans aborder la question de la bibliométrie. Les chercheurs de l’université sont désormais obligés d’utiliser un seul outil centralisé et contrôlé par la présidence pour renseigner leurs publications en vue de toutes les évaluations. 

La présidence, dans une démarche qu’elle présente de « contrition », a décidé que cet outil sera également utilisé pour les évaluations individuelles, type demandes de promotion, de changement de grade, de CRCT, de PEDR, de crédits fléchés IdEx, etc. (auxquelles la présidence souhaite également assujettir les revenus et temps de travail des personnels – voir LPPR, mon amour-haine).

La présidence a ensuite affirmé avec force que cet outil ne serait pas utilisé pour les évaluations individuelles. Elle a exclu toute utilisation bibliométrique, mais annonce n’avoir prévu aucun dispositif de prévention contre les utilisations bibliométriques. 

Enquête auprès des personnels de l’Université de Strasbourg

La présidence n’a pas souhaité présenter l’enquête menée auprès des personnels de l’université de Strasbourg, qui montre que 6 personnels sur 10 estiment que leur conditions de travail se sont dégradées depuis la fusion et se déclarent pessimistes sur l’avenir.

Pour raison, la présidence avance l’absence de demande de présentation en Congrès dans le mail que voici :

NB : Ce résumé n’est pas parodique.

Motion du Congrès de l’Université de Strasbourg à propos de la LPPR

Le Congrès de l’Université de Strasbourg réuni le 28 janvier 2020 est inquiet quant aux perspectives que dessine l’avant-projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Plusieurs éléments actuellement proposés sont en effet de nature à porter un préjudice irréversible à la recherche publique : concentration accrue des financements sur quelques établissements et équipes, choix de privilégier les financements sur projet au détriment de financements récurrents pour refinancer l’ESR, modulation des services des enseignants-chercheurs, arrêt des recrutements d’enseignants-chercheurs et d’autres personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche  titulaires au profit de recrutements temporaires et précaires.

Par conséquent, le congrès s’oppose à tous ces éléments qui remettraient en cause les principes suivants :

1/ Toute politique de recherche suppose que soit garanti le principe de liberté et de pluralité des activités académiques et scientifiques et d’en assurer la mise en œuvre par des financements récurrents et importants.

2/ Une politique des sciences doit se fonder sur une approche coopérative de la production de la connaissance et non pas seulement sur la mise en concurrence systématique des laboratoires et des personnes qu’induisent les instruments de sélection par appels à projets.

3/ Toute politique de recherche doit s’appuyer sur un plan ambitieux de recrutements de titulaires (enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATSS et IT) permettant au minimum de revenir aux effectifs de 2005 et de résorber une précarité endémique des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, nuisible non seulement à leur qualité de vie mais aussi à la production et à la diffusion scientifique.

Motion adoptée à l’unanimité des membres du Congrès de l’Université de Strasbourg, le 28/01/2020

Lettre aux administrateurs de l’Université de Strasbourg

Mesdames et Messieurs les administrateurs,

Nous sommes convoqués mardi 21 janvier par le président Deneken pour un Conseil d’administration consacré principalement à l’adoption d’un « schéma directeur immobilier » (SDI) pour l’université de Strasbourg. Ce point peut paraître anodin, alors que les personnels seront particulièrement touchés par la réforme des retraites, alors que la LPPR (Loi de programmation pluriannuelle de la recherche) risque de modifier profondément l’enseignement supérieur comme nos statuts, alors que les étudiants de l’AFGES interpellent le Congrès sur l’urgence des mesures à prendre contre le réchauffement climatique. C’est cependant d’une orientation majeure de l’avenir de l’Université de Strasbourg qu’il nous est demandé de décider.

Par ordre croissant d’importance, trois éléments principaux du document méritent attention :

  • – la programmation d’OPÉRATIONS IMMOBILIÈRES spécifiques. Le caractère provocateur de certaines d’entre-elles – telles les privatisations du rez-de-jardin du Palais-Universitaire et du bâtiment de l’Institut de physique – ne doit pas masquer les éléments plus importants du dispositif envisagé, qui sont les suivants,
  • – la DÉVOLUTION DU PATRIMOINE. Elle correspond au transfert par l’État de la pleine propriété et de la pleine responsabilité des biens immobiliers à l’Université de Strasbourg qui en disposera à sa guise, pour les vendre éventuellement, et devra en assumer toutes les charges afférentes, telle que l’assurance des bâtiments,
  • – la CRÉATION DE FILIALES de l’Université de Strasbourg, à qui sera confiée la gestion des biens immobiliers et les activités commerciales associées. En effet, la simple vente des quelques villas de la Neustadt dont la cession est envisageable ne justifie pas une opération de dévolution. Afin de valoriser plus profondément le patrimoine et de créer de nouveaux moyens financiers, il est envisagé que l’université se dote des outils de gestion commerciale nécessaires.

Ce dernier point est le plus critique. Il constitue un choix majeur pour l’avenir. On risque premièrement de dévoyer une Université qui voudra devenir un acteur économique au lieu de se consacrer à l’enseignement et la recherche. Deuxièmement, dans la continuité du processus le transfert de compétence de la LRU, la gestion de l’université va devenir plus complexe et sa maîtrise sera réservée à des spécialistes, intégrés dans des services administratifs renforcés. La gestion démocratique de l’Université centrée sur les missions d’enseignement et de recherche définies par les enseignants-chercheurs avec les personnels biatss et les étudiants sera mise en péril et une gouvernance imposée de l’extérieur se développera sur le modèle déjà en vigueur dans d’autres pays. Enfin, l’État va se désengager financièrement en poussant l’Université à assurer ses propres financements à travers la valorisation programmée de son patrimoine immobilier et le développement d’activités commerciales qui lui seront liées.

Le SDI, proposé par la société COS pour un coût de 400.000 €, ne présente pas de liste claire des points qu’il nous est proposé d’adopter. Le processus menant à la dévolution est enclenché sans qu’apparaisse, comme cela avait été promis initialement par la présidence, une solution alternative vers laquelle pourrait se porter notre choix. En effet, la proposition de délibération est formulée de la manière suivante :

« Le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg approuve le projet de Schéma directeur immobilier (SDI) portant sur la période 2022-2042 et l’engagement de négociations avec les ministères concernés en vue d’étudier la candidature de l’établissement à la dévolution du patrimoine, cette hypothèse étant intégrée dans ce SDI. »

Nous sommes appelés à une décision très imprécise, qui valide en bloc l’ensemble des 180 pages d’un document comportant énormément d’éléments, pour certains très discutables, et qui engage l’Université de Strasbourg pour les prochaines décennies. Voulons-nous une université qui s’épuise dans une quête vaine de moyens et d’outils financiers qu’elle ne pourra maîtriser, comme dans des activités immobilières et commerciales l’entrainant hors de ses missions académiques, l’enseignement et la recherche ? Notre responsabilité d’administrateurs est donc engagée et nous ne pouvons voter un tel changement de paradigme en croyant naïvement adopter un simple plan pluriannuel d’investissements immobiliers.

Dans un contexte où nous peinons à obtenir de la présidence une vision transparente des outils financiers liés aux PIA et aux fondations associées à notre l’université, dans un contexte où l’enquête menée récemment montre le malaise qui règne au sein des personnels, nous vous proposons par conséquent d’adopter, lors de la séance du Conseil d’administration, les décisions suivantes concernant le point 3.2 de l’ordre du jour :

  • Afin d’éviter que chaque ligne du document proposé dans son état actuel prenne valeur de décision qu’il aura votée, le CA demande à sursoir à l’adoption du SDI en attendant que lui soit fourni par la société COS une synthèse détaillant point par point chaque décision concrète proposée.
  • Le CA repousse toute décision concernant une éventuelle dévolution du patrimoine jusqu’à ce qu’un scénario alternatif soit effectivement proposé, comme cela avait été décidé par le CA.
  • Le CA refuse tout engagement de l’université de Strasbourg dans un processus de filialisation de ses activités. Il limitera explicitement l’objet de sa délibération à un schéma directeur immobilier, en excluant toute décision qui autoriserait l’université à s’engager dans la commercialisation de locaux à travers la création de filiales.

Avec nos sentiments les meilleurs

Les élus de la liste Alternative au Conseil d’administration


Documents :

Conseil d’Administration du 17/12/2019

Pour ce dernier CA de l’année 2019, l’ordre du jour était chargé : près d’une cinquantaine de points, et 150 Mo de documents.

Budget

D’abord nous avons approuvé un budget de plus de  500M€, et notamment le PPI et le PAPE.

La présidence a regretté le trop grand nombre d’heures d’enseignement, puis a lourdement regretté l’avancement à l’ancienneté des personnels (GVT, désormais sans compensation par le ministère), pour lequel il a fallu trouver ~1,5M€. Ensuite, elle s’est félicitée d’avoir obtenu ~1,5M€ de moyens nouveaux du ministère, mais qui ne seront pas utilisés pour l’avancement à l’ancienneté des personnels. ¯\_(ツ)_/¯

Le PPI (plan pluriannuel d’investissement) contient toutes les décisions d’investissement. C’est le document principal qui permet aux administrateurs de décider de l’utilisation des moyens de l’université en terme patrimonial. Il répartit 94M€, dont 42M€ directement issus de la trésorerie de l’université, et 16M€ qui restent encore à trouver. Il n’a été ni présenté ni discuté. ¯\_(ツ)_/¯

Le PAPE (projet annuel de performance) porte les grands axes stratégiques de l’établissement. Nous n’avons pas réussi à en identifier l’auteur et il contient des valeurs inexplicables. Il n’a été ni présenté ni discuté. ¯\_(ツ)_/¯

Conformément à la tradition, il a ensuite été refusé aux administrateurs d’avoir une connaissance de l’utilisation des moyens principaux de l’université : IDEX et Fondations (voir les explications donnée lors de la table-ronde 5 : Les stratégies d’universités en lien avec leurs territoires et le monde socio-économique, à partir de 14:00) ¯\_(ツ)_/¯

Ces deux documents ont ensuite été approuvés à la majorité des élus au conseil d’administration. ¯\_(ツ)_/¯

Schéma directeur immobilier

Il a été demandé au conseil d’administration d’approuver la dévolution de son patrimoine selon les mêmes modalités démocratiques. Fait intéressant, la dévolution du patrimoine ne représente strictement aucun intérêt pour l’université, seulement des risques très importants à moyens termes. Se lancer dans la dévolution en pleine LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche) est bien sûr totalement irresponsable. Mais cela fait plaisir à la ministre, alors on va le faire. On est comme ça à l’unistra ! ¯\_(ツ)_/¯

Les élus d’opposition ont obtenu que ce point soit discuté en janvier, pour laisser le temps à la communauté de s’en emparer. Le document est disponible sur la GED, n’hésitez pas à en parler à vos élus et directeurs. Après tout, il s’agit d’une sortie définitive du périmètre des services publics nationaux, peut-être que ça vaut le coup d’en parler un peu quand même.

Campagne d’emplois

Les élus Alternative ont évoqué les problèmes rencontrés par les personnels travaillant pour les Labex (CDD renouvelés d’année en année puis stoppés à la limite légale des 6 ans obligeant à la transformation en CDI). Mais cela n’a pas même conduit à envisager un changement des pratiques. ¯\_(ツ)_/¯

Cette année, la présidence a décidé de baisser de 40% le nombre de postes de fonctionnaire mis au concours. Cela relève d’un choix politique. Par exemple, maintenir les 14 postes de MCF supprimés aurait couté environ 800k€, mais les administrateurs ont préféré, pour la même somme, approuver le recrutement de 2 chercheurs américains de renom.

Il a été clairement établi en séance qu’il s’agissait d’un choix, certes difficile, mais seulement un choix, qui pourrait parfaitement être différent.

Seuls les élus Alternative, CGT et Solidaires auraient fait un choix différent, les autres administrateurs ont préféré approuver le recrutement de 2 chercheurs de renom plutôt que de 14 maîtres de conférences. ¯\_(ツ)_/¯

Hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers

Courageusement, l’université renouvelle son approbation de cette mesure nationale, tout en poursuivant l’exonération locale (sans pouvoir dire pour combien de temps encore). ¯\_(ツ)_/¯

Création de diplômes universitaires

Comme lors de toutes ses séances, les administrateurs ont approuvé la création de nouvelles formations payantes pour les étudiants. Depuis la création de l’université, et malgré les demandes systématiques faites à toutes les séances, aucun bilan n’en a été fait. Il est désormais évident que ce refus vise à cacher une politique contraire aux valeurs de l’université (et même pas rentable). ¯\_(ツ)_/¯

Dons

L’université a reçu un don de « Trois œuvres photographiques + trois encadrements (portraits Prix Nobels MM. Lehn, Hoffmann, Karplus) », évalué à 1 980€. Interrogée sur ce don, la présidence a expliqué que ce montant était apprécié par le donateur, et qu’il permettait la défiscalisation « comme le secours populaire ». ¯\_(ツ)_/¯

Consultation sur les transformations des carrières des enseignants-chercheurs à l’Université de Strasbourg

Chères et chers collègues,

La réunion plénière du jeudi 26 septembre pour échanger sur des questions portant sur le statut et les missions des enseignants-chercheurs a permis de découvrir que se discutent de lourdes transformations de nos missions et statuts, dont notamment la suppression des services statutaires d’enseignement et du statut de Maître de conférences.

Elle a également permis de découvrir que l’Université de Strasbourg impulse ces transformations, notamment par sa participation, dans la CURIF (Coordination des universités de recherche intensive françaises), à la rédaction de propositions similaires avant même l’annonce ministérielle.

Pour évaluer l’action du président, une consultation sur les transformations des carrières des enseignants-chercheurs à l’Université de Strasbourg a été organisée. Elle a été diffusée par mail et par l’Actu et le président lui-même a annoncé participer à sa diffusion. Son résultat est sans appel : 92% des répondants n’approuvent pas les transformations revendiquées par la CPU et n’approuvent pas l’action du président en leur faveur.

Le format de la réunion du 26 septembre n’ayant pas permis ni de prendre connaissance de toutes les mesures envisagées, ni d’en débattre, ni de se prononcer collectivement sur leur pertinence. Les groupes de travail qui vont être mis en œuvre ne sauraient remplacer un débat plus large, seule une infime minorité non représentative y participant.

C’est pourquoi nous avons demandé, sans délai :

  • la transmission à tous les personnels de l’intégralité des documents issus des groupes de travail de la CURIF à laquelle l’université a participé ;
  • l’ouverture d’un espace de travail ERNEST permettant à tous les personnels de s’informer et de débattre. Ces espaces sont tout à fait adaptés à ce type d’échange, notamment parce qu’ils permettent de discuter, de déposer des documents et de faire des sondages ;
  • l’organisation d’une consultation la plus large possible permettant à notre communauté universitaire de formuler une position officielle.

Malheureusement, plusieurs semaines plus tard, nous n’avons toujours rien reçu, aucun espace de travail n’a été ouvert et aucune consultation organisée.

Le président prend donc maintenant le choix conscient d’agir contre la volonté des personnels, contre leurs valeurs, et contre leurs intérêts, ce qui explique sa frilosité à organiser un débat dépassant son cabinet.


Méthodologie de la consultation

Texte d’accompagnement

Lors de l’assemblée générale du 18 juin 2019, le président Michel Deneken s’est déclaré en accord avec les revendications exprimées dans le communiqué de la CPU « Pour une approche proactive de l’autonomie« , à savoir :
– la refondation de la contractualisation et la réduction massive des textes réglementaires ;
– la suppression de la qualification, et la révision de l’ensemble de la procédure de recrutement des enseignants-chercheurs ;
– des promotions décidées localement ;
– un assouplissement du cadre des missions des enseignants-chercheurs et de la comptabilisation de leurs activités, la règle des services de 192h TD équivalent présentiel devenant obsolète.

Ces demandes visent donc explicitement à la suppression de tous les cadrages nationaux régissant les carrières et activités des enseignants-chercheurs, y compris statutaires. Il s’agit d’étendre le mouvement amorcé par la LRU, plaçant les enseignants-chercheurs « sous l’autorité du président », à tous les aspects de leur carrière et de leur activité. Le seul organe ayant encore autorité sur les carrières en dehors des présidences étant le CNU, ce dernier est particulièrement visé.

En tant que président de l’Université de Strasbourg, Michel Deneken s’exprimera nationalement au nom de notre université pour favoriser et accélérer ces transformations profondes.

C’est pourquoi il est indispensable que notre communauté s’exprime clairement à ce sujet.

Les informations reccueillies dans ce formulaire ne seront utilisées qu’à des fins statistiques, et aucune information personnelle ne sera divulguée publiquement. Cette consultation est strictement réservée aux personnels du site de Strasbourg.

CNT-STP67, FO-ESR, SES-CGT, SNTRS-CGT, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, Sud Education Alsace

Question

  • J’approuve les transformations revendiquées par la CPU et l’action du président de l’université en leur faveur. 
  • Je n’approuve pas les transformations revendiquées par la CPU et je n’approuve pas l’action du président de l’université en leur faveur. 
  • Je ne me prononce pas, et laisse toute latitude au président pour s’exprimer au nom de l’université.

Répondants

175 personnes ont participé à la consultation, déclarant les qualités ci dessous :

Lettre ouverte à M. Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg

Monsieur le Président,

Lors de sa séance du 25 septembre dernier, la Commission de la recherche du Conseil académique de notre université était appelée à se prononcer sur le point 7 de son ordre du jour, portant sur sa « politique de science ouverte ». Étaient inclus, en particulier, le développement de l’archive ouverte UnivOAK et l’obligation donnée aux chercheurs d’y déposer leurs nouvelles publications.

Le vote de ce point est intervenu en fin de séance : 2 membres de la Commission de la recherche se sont prononcés contre tandis que 6 d’entre eux s’abstenaient. Mme Florentz, qui animait la séance, a refusé de demander un vote explicite des personnes se prononçant en faveur de ce point. Invoquant une pratique habituelle dans l’établissement, elle a déduit un nombre de votes positifs égal à 13 voix du nombre de personnes ayant émargé la liste des présents en début de séance. Or de nombreux membres de la Commission avaient quitté la salle, sans laisser de procuration : le décompte des personnes présentes aurait dû mener au rejet de ce point.

Nous ne pouvons en conséquence que constater la nullité du vote du point 7 de la séance : le scrutin qui a été réalisé prend en compte les voix de personnes qui ne pouvaient s’exprimer et ne se sont pas exprimées, car elles étaient absentes et non représentées.

Nous voulons également, par cette lettre, protester contre ce type de pratiques dans le fonctionnement des conseils de notre université. Elles ramènent en effet le rôle des conseils centraux à celui de simples chambres d’enregistrement, en les privant de leur droit à refuser les textes qui leur sont réglementairement soumis. Elles les empêchent en outre de participer à la bonne marche de l’université en niant leur capacité d’amender et d’améliorer les points qui relèvent de leurs compétences.

Nous vous demandons solennellement de faire en sorte que le fonctionnement des conseils académique et d’administration, et en particulier les procédures de vote, reviennent à une stricte application des textes réglementaires, dans un souci de respect des principes de démocratie, de transparence et d’efficacité dans notre université.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos respectueuses salutations.

Les élus des listes Alternative 2017 au Conseil académique et au Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg.

Conseil d’administration du 01/10/2019

Budget N1-N2 2020

La deuxième étape de la construction du budget 2020 vient d’être franchie : après l’adoption de la lettre d’orientation budgétaire en congrès, le CA de l’université vient d’adopter le budget N1-N2, qui ventile les moyens dans les différentes fonctions de notre établissement.

Il s’inscrit dans la parfaite lignée du budget N1-N2 de l’an dernier, en poursuivant plusieurs évolutions significatives qui résultent de décisions politiques, et non d’évolutions budgétaires contraintes : accroître  significativement la charge les personnels titulaires, avec une large augmentation des heures complémentaires, poursuivre le gel des recrutements et baisser le nombre de missions complémentaires d’enseignement pour les doctorants.

De façon explicite :

  • – 45% de soutien à la recherche : 5M€ (9M€ en 2010) ;
  • – 36% de dotation des composantes : 7M€ (11M€ en 2010) ;
  • – 70% pour les appels d’offre exceptionnels formation et recherche : 0,3M€ (1M€ en 2018, puis 0,6M€ en 2019).

L’essentiel des économies ainsi faites sur les missions permet de financer les projets de la présidence. Ces projets s’avèrent trop nombreux, et souvent plus coûteux ou moins rentables que prévu. Ils nécessitent donc des dépenses supplémentaires pour sauver la réputation de la présidence. 

Comparé à celui de l’an dernier, le rapport de la commission des finances est très inquiétant.

Le nouveau “dialogue stratégique de gestion” avec le ministère

Notre université est pilote dans la mise en œuvre du nouveau « dialogue stratégique de gestion » national. Cette nouvelle approche consiste à octroyer une partie des subventions récurrentes sur projets pluriannuels sans appel.

Les projets présentés au ministère ont été décidés exclusivement par la présidence sans aucune concertation, ni avec la communauté, ni avec les conseils élus. Il s’agit de projets pluriannuels d’un an (« one shot » sic) concernant des besoins ordinaires. Nous aurions donc dû pouvoir les financer par nous-même sans ce « dialogue stratégique de gestion ».

Face à de telles incohérences, il est clair qu’il s’agit simplement du maquillage d’une allocation des moyens purement discrétionnaire par le ministère qui n’est tenu ni d’annoncer ses intentions, ni de justifier ses décisions.

D’après le président, cette politique de transformation des dotations récurrentes en financements ciblés n’affaiblit par l’autonomie des universités. Ce n’est pas notre analyse.

Les ITI, Instituts Thématiques Interdisciplinaires.

D’après la présidence, 1600 chercheurs et enseignants-chercheurs sur les 2000 que compte l’université, auraient répondu aux ITI. 24M€ serait demandés, mais seulement la moitié serait disponible pour les financer (9M€ des Labex, la moitié de l’IDEX recherche et peut-être d’autres leviers IDEX). 

D’après la vice-présidente en charge de la Recherche, la motivation pour y postuler est la seule recherche de moyens. Elle espère cependant, sans illusion, un éventuel intérêt pour l’interdisciplinarité. D’après elle, les raisons de ne pas y postuler sont : l’exclusion par ceux qui postulent, le refus de l’interdisciplinarité, l’absence d’intérêt pour l’IDEX.

Les ITI sont entièrement financés sur les ressources de l’université, dont un prélèvement de la moitié de l’IDEX recherche. Il ne s’agit absolument pas de ressources nouvelles, mais d’une nouvelle répartition des ressources. La présidence n’a pas su nous expliquer son objectif réel, même si plusieurs fois il a été question de “restructuration du paysage”.

Il a été établi, sans désapprobation ni répartie de la présidence, que :

  1. la politique budgétaire de la présidence, mimant celle du ministère, consiste à transformer progressivement les dotations récurrentes en financements spécifiques, sous son contrôle ;
  2. la présidence ne souhaite pas assumer ouvertement cette responsabilité, et fait donc appel à des « experts internationaux de haut niveau », tout en se conservant, sans contrôle, le choix final ;
  3. ces politique ne sont pas ouvertement assumées par la présidence, et doivent être découvertes par un travail minutieux de rétro-ingénierie des budgets et des questions auxquelles il est difficile d’obtenir des réponses ;
  4. personne n’a jamais pu prouver l’efficacité de ce type de politique ;
  5. ces politiques sont contraires aux intérêts des personnels de notre université.
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