Lettre d’information suite au Conseil d’Administration du 14/11/2017

Le Conseil d’Administration, réuni le 14/11/2017, a été particulièrement long et confus. Il a été caractérisé par une difficulté insurmontable de comprendre l’objectif des délibérations, comme d’obtenir des réponses à des questions pourtant simples et précises.

Nous sommes face à un inquiétant défaut de transparence qui empêche les administrateurs de prendre des décisions en toute connaissance de cause. Objectivement, ce dysfonctionnement est extrêmement dommageable pour l’Université.

Il est impossible de rendre compte de l’intégralité des échanges qui ont duré presque six heures, c’est pourquoi nous devons nous limiter à l’essentiel. Cependant, nous insistons sur le fait que ce que nous décrivons n’est ni une mise en avant des points les plus problématiques, ni des passages sortis de leur contexte, mais un échantillon représentatif du travail en séance sur les trois points principaux traités en séance :

  1. Réintégration des actifs ADUEIS-SILABE
  2. Contrat d’Objectifs et de Moyens de l’École de Management
  3. Régime d’intéressement

Malgré les engagements de M. Deneken pris devant le Conseil du 13 décembre 2016 et malgré nos demandes récurrentes, nous n’avons toujours pas accès aux listes de diffusion des personnels et pas de rubrique publique dans l’Actu. Aussi, nous vous encourageons à diffuser largement notre lettre d’information.

Nous nous tenons à l’entière disposition de toute la communauté pour donner encore plus d’information sur la tenue des CA.

1. Réintégration des actifs ADUEIS-SILABE

L’ADUEIS-SILABE (Association pour le Développement des liens Universités-Entreprises dans les Industries de Santé – SImian LABoratory Europe) est l’objet de deux problèmes : d’une part, son activité est dénoncée par des associations de protection des animaux ; d’autre part, la presse a indiqué qu’elle faisait l’objet d’une « enquête judiciaire pour “abus de confiance et autres détournements” » (voir Le Monde et Rue89Strasbourg). Il nous semblait que ce dossier devait donc être traité avec sérieux.

Absence de communication des informations aux administrateurs en temps utile

Pourtant, c’est seulement au travers de l’ordre du jour que nous avons appris que la présidence souhaitait procéder à une dissolution-dévolution de l’association, c’est-à-dire à la réinternalisation de l’actif et des activités de l’ADUEIS au sein de l’Université. Nous avons été surpris de ne recevoir pour document qu’une simple et unique page dénuée d’information utile. Cela nous a contraints à demander l’ensemble des documents nécessaires. Une archive de 89 Mo de documents nous a été envoyée 24h avant le début du CA, de telle manière que nous n’avons pas pu les étudier. Seule certitude : les deux principaux documents demandés, à savoir un descriptif des actifs et un plan de la dissolution-dévolution, ne nous ont pas été communiqués du tout.

Le diaporama présenté en séance comportait pourtant des éléments d’appréciation qui auraient pu nous être utiles en amont. De même en séance, il a été fait mention d’autres documents, apparemment disponibles, tels que ceux qui ont été communiqués aux membres de l’association au moment de la décision de dissolution. Mais là encore non communiqués aux administrateurs avant le Conseil.

La présidence ne peut ignorer que cette absence de communication des informations en temps utile compromet la légalité de cette délibération. Pourquoi ce manque de sérieux ? Pourquoi prendre ce risque ?

Nous avons donc proposé de repousser le vote le temps de pouvoir étudier correctement ce dossier. C’est alors que nous avons appris que l’association avait déjà été dissoute le 31 août 2017, et qu’il était demandé au CA de l’Université d’accepter cette dissolution-dévolution pour que le processus de liquidation des actifs et des passifs puisse se poursuivre. La présidence nous a, de plus, expliqué que nous n’avions d’autre choix que d’approuver la délibération, sans quoi nous serions responsables de la mise au chômage des personnels de l’association.

La présidence a refusé de nous indiquer pourquoi elle n’a pas informé en temps utile les administrateurs de cette dissolution, alors même qu’elle en avait eu la possibilité lors de la séance du CA de septembre. Pourquoi ce manque de transparence envers les administrateurs ?  

En procédant ainsi, M. Deneken a objectivement renoncé à tenir son engagement de campagne de ne jamais mettre les administrateurs devant le fait accompli :

Extrait du PV du CA du 13/12/2016, engagements du candidat Michel Deneken :
« arrivera-t-il que le Conseil d’Administration soit mis devant le fait accompli ?
M. DENEKEN répond par la négative. Cela ne peut pas être une manière de gouverner ; même les membres de sa liste ne le suivraient pas. »

Le problème de réputation

La délibération que nous devions adopter stipulait la chose suivante : « L’organisation actuelle de l’ADUEIS et sa plateforme technique SILABE est complexe sur le plan économique. Elle fait l’objet de manière récurrente d’observations qui peuvent potentiellement nuire à la réputation de l’Université ». En séance la question de la e-réputation a été longuement évoquée par la présidence.

Nous avons demandé en quoi l’intégration de l’ADUEIS au sein de l’Université résolvait ce problème de réputation. Il nous a été répondu que cela ne le résolvait pas, mais que d’autres raisons existaient, notamment la fin du FUI (fonds unique interministériel) finançant le dispositif. Cet argument peut paraître bien faible au vu de l’ampleur du dossier, d’autant que le FUI est fini depuis 2014, sans qu’une action n’ait été entreprise plus tôt.

Délibération

Finalement, la délibération a été modifiée en séance (la modification est en gras) :

« Le CA de l’université de Strasbourg approuve la possibilité de dissolution-dévolution de l’association ADUEIS prononcée en date du 31/08/17 au profit de l’Université de Strasbourg et la potentielle réintégration des actifs et passifs au sein du centre de primatologie. »

Elle a été rejetée par les élus des listes Alternative 2017 ainsi que les élus BIATSS CGT et SNASUB, et approuvée par tous les autres administrateurs, sans communication des documents en temps utile, sans présentation d’un plan de dissolution-dévolution, et surtout, si on en mesure bien les risques, sans qu’on sache quel intérêt réel cette délibération représente pour l’Université.

Nous espérons sincèrement que cette délibération n’aura pas d’impact négatif sur notre établissement. Et nous posons à nouveau la question : pourquoi ce manque de transparence ?

2. Contrat d’Objectifs et de Moyens de l’École de Management

Ce contrat est particulièrement bien structuré et clair. Il présente une grande ambition, non seulement au niveau de l’augmentation des effectifs étudiants (de 3000 à 4000 en 5 ans), mais aussi de nombreux chantiers (Maison du leader, flex-office, commercialisation, etc.). Dans le contexte actuel des écoles, notamment de commerce, cette ambition peut apparaître tout à fait pertinente.

Cependant, notre liste a été élue sur un programme de partage plutôt que de concentration des moyens. Nous avons donc attiré l’attention sur le passage suivant :

« Dans un premier temps, l’Université s’engage à soutenir la stratégie de l’école selon des
critères de dotations prenant en compte la totalité des effectifs étudiants de l’école. Ce
soutien se traduira notamment par la dotation de personnels titulaires enseignants (Maitres
de Conférences, Professeurs) et BIATSS en rapport avec les effectifs étudiants totaux.

Dans un second temps, elle autorisera comme par le passé l’EM Strasbourg à recruter sur ses
ressources propres de nouveaux personnels enseignants-chercheurs et BIATSS contractuels. »

Notre question était simple : l’université s’engage-t-elle à augmenter la dotation en personnel de l’EM ? Cette question simple n’a toutefois pas suscité de réponse claire :

  • Tout d’abord il nous a été affirmé que le texte était mal rédigé, ce qui ne nous semble pas être le cas.
  • Ensuite, il nous a été expliqué que la notion de « titulaires » et de « contractuels » différait entre l’université et l’EM. Pour l’EM, « titulaire » correspond à un poste de fonctionnaire payé par l’université, et « contractuel » à un CDD payé par la composante. Nous ne voyons donc aucune différence avec l’université sur ce point.
  • Puis il nous a été certifié que la dotation n’augmenterait pas. Mais la clarification faite à notre demande a montré qu’il s’agissait alors de la dotation budgétaire, alors que nous nous intéressions à la dotation en personnel.
  • Enfin, il nous a été assuré qu’il n’était envisagé ni de revoir les critères de dotation ni d’augmenter la proportion de fonctionnaires. C’est pourtant ce qui est écrit dans ce contrat.

Le contrat a donc été modifié en séance pour enlever « Dans un premier temps » et « titulaires », avec de nombreuses réassurances de la présidence.

Le COM de l’EM a donc été adopté à l’unanimité moins deux abstentions d’élus Alternative. Cependant, sa rédaction, sinon son interprétation, problématique, nous obligeront à une vigilance particulière lors des prochaines commissions des emplois.

L’impossibilité d’obtenir une réponse claire à des questions aussi simples interroge : comment comprendre ce manque de transparence ?

3. Régime d’intéressement

Nous vous en avons suffisamment parlé ici, et le résumé mis à jour est visible .

La présidence avait bien pris connaissance de notre note juridique, mais l’a disqualifiée rapidement, sans juger bon d’apporter une réponse écrite. À ce stade, la légalité de cette délibération nous paraît toujours fortement sujette à caution.

Finalement, nous avons exposé ainsi notre position : doubler discrétionnairement le salaire de certains est une faute politique majeure alors que le point d’indice de tous est gelé depuis bientôt une décennie, que les charges de tous ont tant augmenté, et que l’Université de Strasbourg est celle qui a supprimé le plus de postes depuis 2010. C’est donc une mesure non seulement injuste, mais en plus à même de provoquer une démotivation des collègues effectuant les missions « de base », comme les qualifient la présidence. Il nous a été répondu que c’est précisément l’objet du suivi de carrière.

C’est donc ainsi que nous pouvons désormais résumer la politique de l’Université de Strasbourg : doublement de salaire pour quelques-uns, suivi de carrière pour tous les autres.

Enfin…

Durant presque 6 heures de séance, deux délibérations dangereuses et à la légalité douteuse auront donc été adoptées… Mais pas un mot n’aura été prononcé sur la réforme en cours de l’enseignement supérieur.

Dans de telles conditions de confusion et d’opacité, le Conseil d’administration de l’Université peut-il encore jouer son rôle ?

À qui profitera la nouvelle prime de l’Université de Strasbourg ?

Chères et chers collègues,
Les élus à la Commission de la Recherche (CR) de l’université, lors de sa séance du 18 octobre 2017, comme avant eux les représentants des personnels au Comité technique d’établissement (CTE) le 5 octobre, ont été confrontés au projet de « création d’un régime d’intéressement scientifique » à l’Université de Strasbourg. Ce dossier est à l’ordre du jour du prochain Conseil d’administration (CA), le 14 novembre. Nous vous invitons à prendre connaissance de nos analyses suivantes :

Ce dispositif permettra d’instaurer des suppléments de rémunération dans l’objectif d’attirer ou de retenir à l’Unistra quelques chercheurs jugés de très haut niveau. Ces suppléments peuvent aller jusqu’au doublement de leur salaire, et seront en partie financés directement sur les budgets de l’université. Le document ci-joint précise que la décision d’attribution sera prise par le président de l’université et tenue totalement secrète, y compris pour vos représentants élus.

Dans une période de forte tension budgétaire, alors que les effectifs ont dépassé les 50 000 étudiants à l’Université de Strasbourg, alors que le nombre d’enseignants-chercheurs y a baissé de 6% depuis 2011, il nous paraît nécessaire que s’organise un débat sur l’instauration d’un système de sur-rémunération, distribuée de manière discrétionnaire, à la demande de quelques-uns et sur le budget de tous, et qui introduit un mode de rémunération individualisé.

Nous vous invitons donc à en discuter le plus largement possible, et surtout à prendre contact avec les élus du CA avant la réunion du 14 novembre 2017 afin que votre avis soit pris en compte.

Les élus Alternative 2017 aux conseils centraux
contact@alternative2017.eu

L’histoire de la prime d’intéressement (fiction politique)

Ce récit imaginaire retrace le parcours idéal d’un texte au travers des instances de l’université. La version réelle est ici.

Suite à un décret et une circulaire, à la demande de la présidence, qui s’appuie sur une consultation de toute l’équipe de direction, une proposition de dispositif de primes d’intéressement a été rédigé par le service juridique de l’université.

Cette proposition de dispositif a été visée par la présidence, qui a vérifié qu’il correspond bien à ses attentes, et a demandé quelques modifications.

Ensuite, le projet a commencé son parcours institutionnel.

Première étape : le comité technique d’établissement (CTE).

Cette instance paritaire, donc constituée d’élus syndicaux représentant les personnels, a fait une première lecture technique de cette proposition.

En plus du document décrivant le projet de dispositif, les délibérations précédentes à propos du même dispositif ont été fournies aux élus :

Afin de la rendre conforme avec les intérêts des personnels, les objections suivantes ont été formulées par les élus :

  • la mesure comporte un risque d’inflation incontrôlable à terme, en raison de :
    • l’absence de plafond budgétaire ;
    • l’absence d’évaluation claire et sincère du coût de cette mesure ;
  • le processus de sélection des bénéficiaires est notoirement opaque, en raison de :
    • critères d’attribution flous ;
    • d’un comité de sélection ad-hoc constitué exclusivement par le président ;
    • d’une liste de bénéficiaires strictement confidentielle ;
    • les rapports des bénéficiaires justifiant de l’importance de leurs travaux pour l’établissement ne sont dus qu’en fin de l’obtention de la prime ;
    • et de l’absence de diffusion de ces rapports.

Après avoir émis ces réserves, les élus ont estimé que cette mesure ne favorisait pas les personnels qu’ils représentent, et était en opposition avec les valeurs du fonctionnariat, notamment puisqu’elle visait à s’affranchir des grilles de rémunération.

En conséquence, ce projet de dispositif n’a pas été approuvé par le CTE.

Suite aux observations des partenaires sociaux, le projet de dispositif a été substantiellement modifié par la présidence, notamment par :

  • l’établissement de projections budgétaires claires et sincères ;
  • la précision des critères d’attribution ;
  • le remplacement de la procédure de sélection ad-hoc par la procédure d’attribution des primes nominative déjà en fonctionnement, par les conseils en formation restreinte.

Deuxième étape : la commission de la recherche (CR).

La CR a étudié et débattu la proposition sur la base du texte modifié et des discussions du CTE, qui ont été présentées en séance en au même titre que la proposition. Les améliorations du texte ont été présentées, mais surtout les observations du CTE qui n’ont pas été suivies d’effet, ce qui a intégralement été justifié par la VP Recherche :

  • l’absence de plafond budgétaire n’a pas été adopté afin de conserver la possibilité de monter en charge ce dispositif s’il s’avérait efficace ;
  • les rapports des bénéficiaires n’ont pas été prévus en condition préalable à la prime pour ne pas transformer le dispositif en prime traditionnelle, et conserver un caractère exceptionnel ;
  • ces rapports n’ont pas été rendus publics pour qu’ils puissent contenir des éléments confidentiels.

Conformément au rôle de la CR, les discussions se sont portées sur l’impact de cette proposition sur la mission recherche de l’université. Le débat a été de très bonne tenue, tous les élus se sont exprimés et ont été écoutés grâce à la direction bienveillante de la VP recherche, qui s’est strictement tenue à son rôle d’animation du débat, sans jamais exprimer d’opinion personnelle afin d’éviter de transformer la discussion en un “pour ou contre la direction” stérile.

En sus, Paula Stephan, spécialiste de l’économie de la science, a été entendue par la CR, et a fait profiter d’une connaissance précise de l’expérience internationale de ce type de dispositif.

Il est ressorti de ce débat que :

  • la nouvelle procédure, plus transparente et démocratique, limite le risque de dérive dû à l’absence de plafond budgétaire ;
  • cependant, les primes sur contrat doivent êtres soumises à un seuil pour éviter que des chercheurs multiplient les petits contrats dans le seul but d’augmenter leurs revenus ;
  • les bénéfices de la mesure pour la mission recherche ne sont pas évidents, puisqu’elle vise à améliorer l’attractivité de l’établissement, mais :
    • les taux de sélection aux concours montrent que cette attractivité est déjà excellente ;
    • mécaniquement, la hausse de certains salaires se traduit par la baisse des effectifs.
  • ces bénéfices seraient grandement améliorés par la diffusion des rapports des bénéficiaires, établis à l’issue de la première année d’attribution ;
  • la prime doit pouvoir être suspendue si le rapport n’indique pas de bénéfices clairs pour la communauté ;
  • l’utilisation du dispositif pour attirer de potentiels nobélisables n’a pas de rapport direct avec la fonction recherche de l’université et son attractivité, mais avec son rayonnement et sa valorisation ;
  • dans cet objectif, il est indispensable que la liste des bénéficiaires soient connue, pour les astreindre à un devoir d’exemplarité ;
  • il est préférable que le montant de la prime attribuée à chaque bénéficiaire soit confidentielle, afin d’éviter une inflation des propositions financières des établissements concurrents ;
  • le dispositif doit être évalué dans trois ans, et suspendu si des bénéfices clairs pour la communauté ne peuvent être établis, notamment vis-à-vis de la baisse conséquente des effectifs.

Suite aux remarques des élus de la CR, la proposition a de nouveau été amendée par la présidence, en suivant l’intégralité des propositions formulées.

La proposition est en conséquence largement adoptée par les élus de la CR.

Troisième étape : le conseil d’administration (CA)

Le rôle du CA est de conclure l’adoption de la proposition. Son texte lui a été transmis, ainsi que les observations du CTE et de la CR. En séance, la VP recherche a expliqué le parcours du texte, et les modifications successives.

La confiance dans le processus d’élaboration des textes, ainsi que la pleine communication entre les conseils, permettent de ne plus revenir sur ce qui a déjà été discuté. Ainsi, le CA peut pleinement jouer son rôle, qui n’est pas d’amender les textes, mais de décider si ceux-ci sont conformes avec les valeurs et les intérêts de l’établissement, des usagers, des tutelles et de la société, chacun y étant représenté.

Les débats ont également été de très bonne tenue. La VP Recherche s’est contentée de fournir tous les éléments factuels nécessaires à la prise de décision, qu’ils soient favorables ou défavorables à la mesure. Le président s’est strictement tenu à son rôle d’animation et d’arbitrage, disqualifiant simplement les arguments qui empêchent au débat d’avoir lieu (notamment “il n’y a pas le choix”, “c’est ce qu’il se fait ailleurs”, “c’est la loi”, “ça ne coûte presque rien” ou encore les comparaisons hasardeuses avec le sport-spectacle). C’était la condition indispensable pour que tous les élus s’expriment et votent librement, sans craindre de s’opposer à la présidence, et donc avec pour seul souci la bonne administration de l’établissement.

Conformément à son rôle, le CA a donc discuté :

  • du rapport entre le bénéfice de mieux rémunérer quelques chercheurs, et le risque de continuer de baisser les effectifs ;
  • des efforts budgétaire qui faudrait concrètement faire pour concurrencer les établissements étasuniens, et du risque de ne pas arriver à les soutenir ;
  • des opportunités et risques de créer un marché du chercheur prestigieux, jusqu’ici inexistant dans notre système, et qui est une rupture sans précédent avec les valeurs traditionnelles du fonctionnariat français et ce qui fait son efficacité ;
  • et enfin, avec un soin tout particulier, de l’impact d’une telle mesure sur les personnels en poste, dont le point d’indice est gelé depuis 2010 et qui se sentent de plus en plus dévalorisés.

Toutes ces discussions n’ont pas reposé sur des convictions idéologiques ou des allégeances, mais sur les conclusion du congrès extraordinaire d’orientation qui a été tenu en début de mandat. Ce dernier a permis de clairement fixer les grandes orientations stratégiques de l’établissement. Il y a notamment été fixé la position de l’établissement vis-à-vis de la LRU, dont est issu ce dispositif, et plus largement vis-à-vis de l’ouverture du marché de l’enseignement supérieur et de l’économie de la connaissance.

Ces grandes orientations stratégiques sont courageuses, notamment parce qu’elles ne se contentent pas de suivre l’air du temps mais prennent en compte toute la dimension politique et sociale d’une université comme la nôtre, sont publiquement affirmées, et montrent l’exemple dans un système universitaire en pleine mutation.

Et pour avoir du sens, ces orientations stratégiques ont été décrites en excluant volontairement tout le vocabulaire technocratique habituel, toute expression vide de sens et tout slogan politique.

Sans ces orientations ainsi décrites, rien n’aurait de sens et nous n’aurions jamais administré aussi bien notre belle université.

L’histoire de la prime d’intéressement (réalité politique)

Ce récit retrace le parcours réel d’un texte au travers des instances de l’université. La version idéale est ici.

Mise à jour du 12/11/2017 : la proposition de dispositif n’a pas été rédigée par le service juridique de l’université.

Suite à un décret et une circulaire, à la demande de la présidence, une proposition de dispositif de primes d’intéressement a été rédigé.

Cette proposition de dispositif a été visée par la présidence, qui a vérifié qu’il correspond bien à ses attentes, et a demandé quelques modifications.

Ensuite, le projet a commencé son parcours institutionnel.

Première étape : le comité technique d’établissement (CTE).

Cette instance paritaire, donc constituée d’élus syndicaux représentant les personnels, a fait une première lecture technique de cette proposition.

Seul le projet de dispositif a été fourni aux élus, qui n’ont pas été tenus informés de l’existence de délibérations antérieures.

Afin de le rendre conforme avec les intérêts des personnels, les objections suivantes ont été formulées :

  • la mesure comporte un risque d’inflation incontrôlable à terme, en raison de :
    • l’absence de plafond budgétaire ;
    • l’absence d’évaluation claire et sincère du coût de cette mesure ;
  • le processus de sélection des bénéficiaires est notoirement opaque, en raison de :
    • critères d’attribution flous ;
    • d’un comité de sélection ad-hoc constitué exclusivement par le président ;
    • d’une liste de bénéficiaires strictement confidentielle ;
    • les rapports des bénéficiaires justifiant de l’importance de leurs travaux pour l’établissement ne sont dus qu’en fin de l’obtention de la prime ;
    • et de l’absence de diffusion de ces rapports.

Ensuite, ce projet de dispositif a été approuvé par le CTE à 3 voix contre, 6 abstentions et 1 voix qui, à défaut d’expression, a été comptabilisée pour.

Suite aux observations des partenaires sociaux, le projet de dispositif n’a pas été modifié.

Deuxième étape : la commission de la recherche (CR).

La CR a étudié et débattu la proposition sur la base du même texte soumis au CTE, avec les mêmes arguments, et sans que les discussions du CTE n’ait été communiquées aux membres de la CR.

Les discussions n’ont donc pas été focalisées, et on été substantiellement les mêmes qu’au CTE. Peu d’élus se sont exprimés et la VP recherche s’est limitée à l’expression d’opinions personnelles pour défendre la mesure, sans jamais présenter de risques, d’incertitudes ou de marges de discussion.

Aucune étude ou expertise n’est venue appuyer la proposition.

Face à la confusion de la discussion et un risque grandissant d’opposition des élus, la VP recherche a décidé unilatéralement de ne pas procéder à un vote.

Le compte-rendu des élus sur les listes Alternative est ici.

Suite aux remarques des élus de la CR, la proposition a été amendée à la marge, par l’ajout de la phrase “En outre, un rapport sur le dispositif sera présenté à la commission de la recherche restreinte”, sans que soit explicité le contenu de ce rapport ou sa périodicité.

Troisième étape : le conseil d’administration (CA)

Attention : Le CA ne s’étant pas encore réuni, la suite n’est qu’une projection basée sur l’expérience des élus. Elle sera mise à jour après la séance du 14/11/17.

Mise à jour suit au CA : le CA a finalement été épargné des comparaisons hasardeuses avec le sport-spectacle faites jusqu’à présent, et il n’y a finalement pas eu 3, mais 2 abstentions.

Le rôle du CA est de conclure l’adoption de la proposition. Son texte lui a été transmis, sans les observations du CTE et de la CR. La VP recherche a recommencé pour la troisième fois son argumentaire, l’affinant pour éviter d’évoquer les points qui soulèvent le plus de discussion.

Inévitablement, les débats sont revenus sur les mêmes points qu’en CTE et en CR, sans avancer.

La VP Recherche n’a pas présenté tous les éléments factuels nécessaires à la prise de décision, notamment ceux défavorables à la mesure. Le président a pris une position personnelle, empêchant toute possibilité de débat sur le fond. Tous deux ont massivement utilisé des arguments visant d’ailleurs à l’empêcher (“il n’y a pas le choix”, “c’est ce qu’il se fait ailleurs”, “c’est la loi”, “ça ne coûte presque rien” ou encore les comparaisons hasardeuses avec le sport-spectacle).

En l’absence d’un texte définissant clairement la position de l’établissement vis-à-vis de la LRU et de l’économie de la connaissance, les discussions ont reposé sur des convictions et des allégeances.

Le dispositif a été adopté sans amendement, sans que le fond ne soit discuté, sans engagement de suivi de cette mesure dans le futur, ni évaluation à moyen terme, par 8 voix contre, 3 abstentions et 23 voix qui, à défaut d’expression, ont été comptabilisées pour.

Note sur le projet de création d’un régime d’intéressement à l’Université de Strasbourg – Aspects juridiques

Le CTE du 5 octobre 2017 a eu à se prononcer sur un projet de création d’un régime d’intéressement fondé sur l’article L.954-2 du code de l’éducation (issu de la loi LRU) et sur une circulaire ministérielle du 17 février 2017. Le conseil d’administration aura à se prononcer sur ce projet lors de la séance du 14 novembre 2017.

Un tel dispositif n’est évidemment pas obligatoire pour l’université (L. 954-2 : l’université « peut » créer un dispositif…), mais est justifié par une volonté « d’attirer et de retenir des talents scientifiques de premier plan » (préambule du projet).

Deux régimes d’intéressement sont projetés : un régime d’intéressement au titre de l’axe contrats de recherche et un régime d’intéressement au titre de l’axe attractivité.

1. Régime d’intéressement au titre de l’axe contrats de recherche

1.1 Régime projeté

Le régime d’intéressement au titre d’un contrat de recherche (projet, n° 2.4.1) concerne les lauréats de contrats de recherche ERC ou les bénéficiaires d’un contrat autre que ERC.

Dans ce cadre, à condition que le contrat le permette, le Président de l’Université attribue la prime en fixant lui-même le montant. La durée de la prime correspond à celle du contrat auquel elle est adossée. Le montant est prélevé sur le crédit du contrat, et est plafonné au montant de la rémunération principale annuelle du bénéficiaire.

1.2 Cadre juridique

Le projet de l’Université de Strasbourg ne fait référence qu’à la circulaire ministérielle du 17 février 2017. En réalité, les dispositifs d’intéressement adossés à des contrats de recherche ne sont pas nouveaux : ils relèvent de l’article L.954-2 du code de l’éducation (loi de 2007) et sont prévus par un décret d’application (n° 2010-619) du 7 juin 2010 et une circulaire du 7 juillet 2011.

Il ressort de ces textes que :

  • les personnels de l’université (« agents exerçant des fonctions ayant un lien avec la recherche (…) » : circulaire de 2011) peuvent bénéficier « d’un intéressement à la préparation, à la réalisation et à la gestion d’opérations de recherches, d’études, d’analyses, d’essais, d’expertise effectuées aux termes de contrats et de conventions passés par eux ou en contrepartie de dons et legs qu’ils reçoivent » (Décret, art. 1er).
  • L’intéressement ne peut être versé que pour une « opération achevée » (décret, art. 1er). L’« opération » ne correspond pas au « contrat » dès lors que sont prévues des tranches intermédiaires annuelles, qui correspondront donc à l’« opération ».
  • Il doit être procédé à une « comptabilité d’analyse des coûts pour chaque contrat » (circulaire de 2011), obligation générale qui résulte du décret n° 80-900 du 17 novembre 1980. Sa raison d’être est une meilleure transparence de la procédure. La circulaire de 2011 ajoute que cette transparence doit également être garantie au stade du versement de l’intéressement : « de manière générale, il doit exister une traçabilité entre une opération particulière et une attribution d’intéressement ».
  • Ceci explique que le versement de primes d’intéressement doit donner lieu à un rapport annuel du président de l’université : « Ce rapport précise par opération le montant des sommes distribuées et le nombre des bénéficiaires » (Décret de 2010, art. 4 – nous soulignons).
  • La circulaire précise que, si le conseil d’administration de l’université a une grande liberté dans la fixation des critères, ceux-ci « doivent prendre particulièrement en compte les services rendus par les bénéficiaires et leur participation à l’opération en question. Ils peuvent prendre en considération tout autre aspect des modalités de réalisation des opérations : types d’opération, mode de financement, catégories de contrats, nature des prestations, catégories de bénéficiaires, etc. »

1.3 Conformité du régime projeté aux textes en vigueur

Le projet de régime d’intéressement soumis au conseil d’administration apparaît insuffisant quant aux points suivants :

  • Les critères autorisant l’attribution de la prime ne sont pas précisés, alors que cette attribution doit être conditionnée à des situations concrètes de participation à l’opération à laquelle l’intéressement est adossé.
  • La comptabilité d’analyse des coûts pour chaque contrat est peut-être implicite de la part de l’administration de l’Université (qui en a sans doute une pratique ancienne). L’adoption d’une telle démarche mériterait d’être expressément précisée, étant bien entendu que cette analyse doit se faire pour chaque contrat, dans la logique de l’exigence d’un rapport rendant compte des montants et bénéficiaires pour chaque opération.
  • Aucun rapport au conseil d’administration, détaillant le montant alloué par opération et le nombre de bénéficiaires, ne doit être réalisé : seul est prévu un « bilan (…) en fin d’exercice budgétaire, présentant le cumul des montants exécutés dans le cadre du dispositif global d’intéressement pour l’année concernée ».
    Cela est insuffisant. Il faudrait que soit expressément prévu que le « bilan » soit présenté au conseil d’administration. Surtout, les textes imposent bien un rapport précis pour chaque opération (montant des sommes attribuées, nombre de bénéficiaires), et non un compte rendu global (qui, en l’occurrence, inclut aussi l’intéressement « attractivité », ce qui est autre chose).

Il convient d’ajouter que cette exigence de transparence est d’autant plus importante à l’Université de Strasbourg que la non-conformité de la pratique des primes d’intéressement aux textes en vigueur a déjà été constatée par le passé. Ainsi, la Cour des comptes, dans son rapport de 2015, a relevé que « le président n’a jamais présenté devant le conseil d’administration de l’université de rapport annuel détaillant par opération le montant des sommes distribuées et le nombre des bénéficiaires » (p.64), en pointant fermement le « recours abusif à des contrats d’expertise » qui « introduisent de l’opacité dans la politique de rémunération » puisqu’ils étaient « conclus en dehors de toute consultation et information » des instances de l’université compétentes (pp. 67-68).

2. Régime d’intéressement au titre de l’axe attractivité

2.1 Régime projeté

La mise en œuvre d’une politique d’attractivité à l’Université de Strasbourg a pour objectif de retenir et attirer des « talents scientifiques » (Projet, n° 2.4.1).

Le Président attribue la prime et en fixe le montant après avis rendu par deux personnalités extérieures et un comité ad hoc.

Les critères d’attribution sont les suivants (n° 2.4.2) :

« – activité exceptionnelle de publication dans des supports de visibilité internationale ;
– expérience de recherche à l’étranger ;
– rayonnement international reconnu par les pairs ;
– capacité à obtenir des financements ;
– obtention de distinctions scientifiques de haut niveau ;
– expérience de responsabilités scientifiques ou d’encadrement d’équipe ;
– maturité dans le portage de projets ;
– effet levier et bénéfices pour l’environnement scientifique local ;
– impact sur l’enseignement. »

L’enveloppe annuelle allouée à ce régime d’intéressement est inscrite au budget de l’établissement. L’intéressement est plafonné au tiers de la rémunération principale annuelle du bénéficiaire.

Comme exposé à propos de l’axe contrats de recherche, un « bilan » global doit être réalisé en fin d’exercice budgétaire.

2.2 Cadre juridique

Un tel dispositif d’intéressement n’avait jusqu’à présent pas fait l’objet d’un décret ou d’une circulaire ministérielle, ce qui laissait une grande liberté aux établissements. La circulaire ministérielle du 17 février 2017, constatant que cette liberté a donné lieu à des dérives plusieurs fois critiquées par la Cour des comptes (y compris à propos de l’Université de Strasbourg : (Rapport précité, pp. 64 et s.)) en raison de leur illégalité, a pour objectif de remédier à cette situation.

Cette circulaire prévoit que l’intéressement peut se faire pour d’autres activités qu’une activité de recherche. L’objet du système indemnitaire est de reconnaître l’investissement des personnels dans les domaines suivants :

« – Implication dans une évolution institutionnelle de l’établissement ou dans des projets de service.
– Implication particulière en faveur de l’insertion professionnelle des étudiants.
– Gestion d’événements d’une ampleur particulière (élections, déménagement de service…).
– Développement de partenariats extérieurs. »

Les bénéficiaires peuvent être des enseignants-chercheurs et des BIATSS.

Il est précisé que les régimes indemnitaires « ne peuvent donner lieu à un versement résultant uniquement du simple exercice des missions statutaires de l’agent », et qu’ils « ne doivent en aucun cas se substituer aux régimes indemnitaires prévus réglementairement ».

Cela étant une même personne peut percevoir ces primes en parallèle « dès lors que ces dispositifs ne concernent pas la même activité ». La circulaire ajoute que « les régimes d’intéressement n’ont pas non plus pour objet de contourner le plafonnement des régimes indemnitaires existants ».

Une délibération du conseil d’administration doit définir le régime d’intéressement en précisant :

  • la définition des objectifs associés au régime d’intéressement ;
  • les catégories de personnel concernés ;
  • les critères permettant d’apprécier et de mesurer la réalisation des objectifs fixés et  les contributions collectives et individuelles de façon objective et précise ;
  • les critères et les modalités d’attribution ;
  • l’enveloppe budgétaire globale consacrée au dispositif ;
  • le montant maximal des dépenses par bénéficiaire ;
  • les modalités de versement.

Il est enfin précisé que la mise en œuvre du dispositif « pourra » donner lieu à un rapport annuel du président, présenté au comité technique et au conseil d’administration.

2.3 Conformité du régime projeté aux textes en vigueur

Le problème que pose le projet de régime d’intéressement au titre de l’attractivité tient pour l’essentiel aux critères d’attribution.

1.- La circulaire exige des « critères permettant d’apprécier et de mesurer la réalisation des objectifs fixés et les contributions collectives et individuelles de façon objective et précise ». La généralité des critères proposés par le projet ne permet pas d’estimer qu’ils autorisent une appréciation des contributions de manière objective et précise. Ce constat est d’autant plus problématique que la difficulté a déjà été pointée par la Cour des comptes (Rapport précité), qui avait conclu que « la fiabilité des modalités de calcul de l’intéressement n’est pas assurée ».

2.- La circulaire se réfère à des critères et objectifs totalement différents de ceux du projet : l’intéressement doit concerner des personnels s’étant impliqués dans des projets de service, dans l’insertion professionnelle étudiante, dans la gestion d’événement tels que des élections ou un déménagement de service. En l’occurrence, le projet ne retient que des activités liées à la recherche, avec des objectifs uniquement liés à la recherche : activité exceptionnelle de publication, expérience de recherche à l’étranger, responsabilités scientifiques, etc. Ce constat induit trois séries de conséquences.

D’abord, et de manière générale, l’esprit dans lequel le régime indemnitaire a été pensé paraît dévoyé : l’idée de la circulaire ministérielle est de « récompenser » une implication particulière d’un agent dans des activités hors recherche.

Ensuite, la circulaire prévoit expressément que la prime doit être attribuée à raison d’activités allant au-delà de la mission statutaire de l’agent. Or la plupart des critères retenus paraissent relever de la mission naturelle du chercheur : publication, expérience à l’étranger, obtention de financements, responsabilités scientifiques, portage de projets, etc.

Enfin, il semble bien que le mécanisme proposé conduise à un cumul des mécanismes indemnitaires prohibé pour une même activité. En effet, le porteur d’un contrat de recherche remplira ipso facto la majorité des critères retenus (capacité à obtenir des financements, responsabilité scientifique, portage de projets, expérience à l’étranger). Par ailleurs, les critères relatifs au système indemnitaire projeté correspondent exactement à ceux de la PEDR (Publications / Encadrement doctoral / Rayonnement / Responsabilités scientifiques), faisant ainsi un double emploi que la circulaire ministérielle prohibe.

Cette extrême proximité quant au champ d’application des deux régimes indemnitaires conduit à se demander si le projet proposé n’a pas pour objectif de contourner les règles propres au régime d’intéressement adossé au contrat de recherche. En particulier, cela permettrait de s’affranchir du plafond qui pourrait être imposé par un contrat de recherche donné, en attribuant en parallèle une prime au titre de l’axe attractivité. Par ailleurs, dans une hypothèse où le bénéficiaire n’est pas bénéficiaire d’un contrat de recherche, ou que le contrat de recherche interdit cet intéressement, l’attribution d’une prime reviendrait à substituer un régime à un autre, ce qui est très nettement (« en aucun cas ») interdit par la circulaire ministérielle.

 

Pour ces différentes raisons, le projet ne saurait être adopté en l’état sans encourir le grief de non conformité aux textes de référence (décret et circulaires ministérielles).

 

CA du 04/07/2017

Projet de Contrat de site 2018-2022

  • Nombre de points soumis à discussion : 2 (24)
  • Nombre de points remontés à l’initiative des administrateurs : 2 (16)
  • Nombre de points non soumis à discussion : 8 (133)
  • Nombre de décisions : 0 (0)

Les points non soumis à discussion sont approuvés en bloc par un seul vote. Entre parenthèses se trouve le décompte depuis la constitution de ce CA. Le décompte du nombre de décisions n’inclut pas les approbations sans amendement de propositions soumises au conseil.

Documents en ligne : documents et PV.

Point soumis à discussion

2. Élaboration du contrat de site 2018-2022 : examen du projet stratégique de l’Université de Strasbourg et des établissements associés (p. 4 à 11)

L’objectif du contrat de site est de déterminer une stratégie au niveau des établissements du site Alsace. Chaque contrat de site dispose d’un chef de file, qui est pour le contrat alsacien l’Université de Strasbourg et ensuite, chaque établissement remplit un rôle spécifique : l’UHA est en charge de la formation, la BNU de la politique documentaire, l’INSA des métiers de l’ingénieur et l’Unistra de la recherche.

S’ensuit une discussion, qui confirme totalement notre analyse. Selon la porteuse du projet, “l’objectif est la mise en cohérence pour éviter les doublons et faire des économies” (p. 7). Ceci implique par exemple la mobilité des personnels, le VP formation “ne voit pas d’inconvénient à une répartition du service d’un enseignant entre Mulhouse et Haguenau” (p. 7) puis confirme l’intention d’“estomper les frontières entre enseignement présentiel et à distance”. En ce qui concerne la gouvernance, dont la lourdeur est expliquée ici, M. le président estime qu’elle est “d’une légèreté absolue et ne coûte pas un centime” (p. 6).

Hélène Michel note que “plutôt que de « renforcer la visibilité de la politique de la recherche », elle aurait aimé que la politique de la recherche soit renforcée ; plutôt que de « conforter le rôle de la SATT » et donc aussi les moyens pour aller chercher des financements, elle aurait préféré que les financements soient renforcés ; plutôt que de « développer l’innovation  pédagogique »,  elle  aurait  souhaité  que  les  moyens  de  la  formation  soient  développés, à commencer par les enseignants-chercheurs et les personnels BIATSS qui accompagnent la gestion des diplômes. Ces différents points l’inquiètent.” (p. 10).

Mme Roy, porteuse du projet, réplique que ces décisions sont dans la continuité du contrat de site 2012-2017. Nous demandons alors à la présidence si elle estime que les conditions d’enseignement et de recherche se sont améliorées durant cette période. Sans répondre, le VP formation s’estime “choqué par le lien fait à plusieurs reprises entre qualité de la formation et nombre de postes d’enseignant-chercheur” (p. 11).

Le contrat de site 2018-2022 est adopté à 23 voix pour, 7 voix contre et 3 abstentions, notamment du CNRS.

1. Consolidation des comptes (pp. 12 à 15)

La consolidation des comptes est une présentation budgétaire qui intègre toutes les filiales de l’Université de Strasbourg : Association ADUEIS, SATT, Fondation Université de Strasbourg, Gie CERBM, et Phenopro (entité liquidée au 31.12.2016).

Elle est considérée comme conséquence technique, qui n’est donc pas étudiée par la commission des finances. Il est discuté de l’opportunité de disposer des comptes des filiales, ce qui nous est refusé au motif que ce n’est pas une obligation légale.

Nous tentons de désamorcer l’idée que nous serions suspicieux et chercherions à tout prix des malversations, alors que notre intention n’est que de donner du sens politique, y compris aux présentations techniques, afin de pouvoir assumer notre rôle d’administrateur.

Les comptes consolidés sont adoptés à l’unanimité.

Points remontés

3.4.1 Convention Association Sportive (p. 16)

Nous proposons d’utiliser un dispositif plus pérenne qu’un IDEx de trois ans pour l’accompagnement des étudiants sportifs de haut niveau, qui n’est pas une initiative temporaire.

  1. le président propose de prendre cette remarque en compte lors des arbitrages budgétaires, et le VP formation ajoute que “le recours croissant au support numérique sera de nature, entre autres, à permettre aux sportifs de haut niveau de suivre des enseignements qu’ils ne peuvent pas suivre en présentiel”.

La convention est adoptée à l’unanimité.

3.4.2 Accompagnement au montage du projet Institut Hospitalo-universitaire en immunologie (p. 17)

Nous demandons quelle est la justification de cet accompagnement de 50 000 € par un cabinet-conseil, et si l’université ne possède pas les compétences nécessaires en interne.

Il nous est répondu que ce projet est complexe et “nécessite souvent un anglais très technique et un professionnalisme dont ne dispose pas l’université”.

Il est ajouté que c’est ce type d’accompagnement qui a permis la pérennisation de l’IDEx. Nous assistons donc à l’émergence d’un nouveau marché : celui de l’accompagnement des chercheurs pour accéder aux financements de la recherche.

Il n’est pas donné suite à notre proposition d’évaluer le coût en heures de travail des réponses aux appels à projets, mais il est indiqué que la CPU l’estime à 25%.

Points divers (p. 19)

Nous demandons à la présidence si elle est inquiète de la baisse de 3% des effectifs de maîtres de conférences en une seule année (pour une baisse totale de 6,86% depuis 2010), et de l’augmentation de leur âge moyen de 15 mois sur les 24 derniers mois.

Ces chiffres sont dans un premier temps contestés, puis minimisés, et enfin mis sur le compte du plafond d’emploi, qui n’est pourtant pas atteint et ne contraint donc en rien les recrutements.

Au terme d’un dialogue tendu, la présidence n’exprime aucune inquiétude quant à cette situation, et estime qu’il est encore possible de demander, sans risque, plus d’efforts aux enseignants-chercheurs. Il est d’ailleurs annoncé que ce sera fait, notamment sous la forme d’heures complémentaires.

Enfin, il est établi que la réforme du statut des enseignants-chercheurs est actuellement étudiée par le ministère, sur recommandation de la CPU, notamment en ce qui concerne la comptabilisation des services d’enseignement. Il est établi de plus que le contexte de cette réforme est nettement défavorable aux personnels. Cependant, M. le président “ne connaît pas les modalités pratiques et ce qu’il y aura en face de « travailler plus »”, et n’exprime ni opposition ni vigilance face à une telle réforme. Il refuse qu’une motion d’opposition soit proposée au CA, et ajoute : “Vous pourrez en déduire que j’y suis favorable”, ce qui n’apparaît malheureusement pas au PV.

CA du 27/06/2017

  • Nombre de points soumis à discussion : 3 (22)
  • Nombre de points remontés à l’initiative des administrateurs : 2 (14)
  • Nombre de points non soumis à discussion : 47 (125)
  • Nombre de décisions : 0 (0)

Les points non soumis à discussion sont approuvés en bloc par un seul vote. Entre parenthèses se trouve le décompte depuis la constitution de ce CA. Le décompte du nombre de décisions n’inclut pas les approbations sans amendement de propositions soumises au conseil.

Documents en ligne : documents et PV.

Point soumis à discussion

3.2 Point d’étape global Eucor – Le Campus européen et les orientations stratégiques à venir (pp. 6 à 8)

Ce point soumis à discussion n’est qu’un point d’information.

3.3 Désignations de deux représentants supplémentaires du CA à la CAMA (p. 8)

Ce point est approuvé à l’unanimité.

Points remontés

4.5.3 Equipement EASE (pp. 8 à 10)

Le coût de ce projet s’élève à 27,2 M€, dont 8,2M€ pour les équipements. Cependant, le financement privé des équipements n’est atteint qu’à 55%. Une solution est recherchée auprès de la caisse des dépôts et consignations. En attendant, les équipements ne seront pas disponibles. En revanche, l’industrie pharmaceutique espère disposer d’une “vitrine” et souhaite apporter du “conseil”.

Les membres du conseil d’administration sont invités à une visite des locaux, et même à y tenir une séance.

Le point est adopté à l’unanimité.

4.8 Direction des Ressources Humaines : modification des règles de recrutement des personnels enseignants-chercheurs contractuels indiciaires du second degré de l’Université de Strasbourg, en matière de rémunération, pour tenir compte du dispositif de « transfert primes/points », mis en œuvre pour les personnes titulaires à compter de 2017, dans le cadre du protocole « Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations (PPCR) (p. 10)

Sans discussion, le point est adopté à 35 voix pour et 2 voix contre.

Point divers

Nous revenons sur l’explosion du nombre de D.U.. Il fera bientôt l’objet d’un suivi.

Puis nous regrettons le nombre de points à l’ordre du jour (52) qui ne permet pas de travailler sérieusement. Rien ne sera fait pour le réduire.

CA du 09/05/2017

Définition stratégique de l’Université

  • Nombre de points soumis à discussion : 7 (19)
  • Nombre de points remontés à l’initiative des administrateurs : 2 (12)
  • Nombre de points non soumis à discussion : 18 (78)
  • Nombre de décisions : 0 (0)

Les points non soumis à discussion sont approuvés en bloc par un seul vote. Entre parenthèses se trouve le décompte depuis la constitution de ce CA. Le décompte du nombre de décisions n’inclut pas les approbations sans amendement de propositions soumises au conseil.

Documents en ligne : documents et PV.

Résumé

Le PV de cette séance confirme en tout point la lettre d’information de mai 2017. Alors que la priorité de l’établissement était jusqu’ici la préservation des missions coeur de métier ordinaires, l’Université opère maintenant un changement profond de stratégie pour s’adapter à un marché ouvert de l’ESR par une logique d’exception :

  • de rares postes contractuels mieux rémunérés plutôt que des postes de fonctionnaires en nombre suffisant ;
  • de grands projets immobiliers plutôt que l’entretien de l’existant ;
  • le financement de grands projets de recherche plutôt que la réaffirmation de la liberté des chercheurs.

Points soumis à discussion

2.1 Rapport annuel 2016 du comité d’audit (pp. 6 à 8)

Le principal rôle du comité d’audit est d’éclairer les administrateurs sur la connaissance que l’université a de ses risques et d’apporter des conseils pour contribuer à maîtriser ces risques.

Le rapport annuel 2016 indique un nombre de recommandations particulièrement élevé pour la fonction communication (16), mais ces recommandations ne sont pas publiques. (p. 7)

De plus, “Le comité d’audit relève que la poursuite de la maîtrise de sa situation financière lui permet de dégager certaines marges de manœuvre. Il reste déterminant que l’université se concentre sur des orientations responsables en la matière. […] Il s’agit là des équilibres financiers qu’il faut continuer à maîtriser sans toutefois nuire à la qualité de

l’offre de formation, à l’accueil pédagogique et à l’implication dans la recherche.” (p. 7), en d’autres termes, les orientations responsables favorisent les missions coeur de métier ordinaires de l’université.

Le rapport est adopté à l’unanimité.

2.2 Renouvellement du médiateur de l’université (pp. 9 à 11)

  1. Hugues DREYSSE est élu à ce poste malgré les réserves émises en raison de ses précédents mandats de Vice-Président Ressources-Humaines.

Cette désignation est approuvée à 23 voix pour, 9 contre et 2 abstentions.

2.3 Approbation du Projet Annuel de Performance de l’établissement 2017 (pp. 11 à 15)

Le projet annuel de performance de l’établissement (PAPé) est habituellement annexé au projet du budget, ce qui n’a pas été le cas en décembre 2016. Il s’agit d’une obligation légale de la “loi LOLF, votée en août 2001, qui instaure la performance dans les fonctions publiques en vue d’une adaptation à un marché ouvert”. La majorité des indicateurs atteint la cible fixée par le ministère, cependant certains sont sous le seuil de vigilance ou d’alerte, comme par exemple le “taux d’endo-recrutement des professeurs” (2/3 depuis 2014 alors que la cible est de 1/3 (p. 13)), sans que l’établissement ou le ministère ne prenne de mesure. En réalité, il ne s’agit pas d’un outil de pilotage, mais d’un outil d’évaluation de l’adaptation au marché : alors que la plupart des ressources propres baissent (-40% de taxe d’apprentissage, -50% sur les autres subventions), les recettes sur droits d’inscriptions augmentent 2 à 3 fois plus vite que le nombre d’étudiants, grâce au développement des DU (p. 14). Il permet de connaître les perspectives de renforcement de l’autonomie de l’établissement.

Le PAPé est adopté avec 27 voix pour et 7 abstentions.

2.4 Bilan d’activité de la SATT (pp.15 à 17)

L’intérêt de la SATT, structure de droit privé alors que l’Université possède déjà un service de valorisation, est de “fonctionner sur un système de contraintes moins lourd que la gestion dans le secteur public [pour] une capacité de réactivité plus importante”. De plus, “la capacité d’investissement oscillait entre 800 k€ et 1 M€ par an ; elle a été multipliée par 7 au sein de la SATT Conectus” grâce à l’augmentation des fonds injectés dans le dispositif (p. 16). “[L’Université] est actionnaire à 26 % du capital” et ses représentants sont le VP Valorisation et relations avec le monde socio-économique et le Directeur Général des Services. Le Conseil d’Administration n’y a pas de représentant et n’a aucun contrôle sur cette structure (p. 17).

2.5 Plan pluriannuel d’investissement (PPI) – Mise à jour 2017 (pp. 17 à 22)

Le plan pluriannuel d’investissement (PPI), mis à jour, complète le budget primitif 2017. Afin de permettre aux entités de l’université d’engager les travaux et de les terminer avant la fin de l’année civile, il est présenté avant le budget rectificatif.

Il est important de noter que “ce PPI n’est possible que parce que le résultat de l’université est positif” (p. 17). En d’autres termes, il relève d’une logique d’exception :

  • il est financé par les économies faites sur le fonctionnement de l’Université (8M€ par an depuis 3 ans, soit plus de 100 ans de salaire de MCF) (p. 21) ;
  • il se concentre sur une petite partie de la communauté : “pas de saupoudrage” (p. 17) “même si ce PPI ne couvre qu’une petite partie des demandes, il est important pour ceux qui en bénéficient” (p. 18) ;
  • il prévoit de diviser par 4 les “investissements pédagogiques” (p. 49) et de multiplier par 10 le “Complément Opération Campus”, qui est ce que l’Université ajoute au Contrat de plan Etat-Région (p. 48).

Le but de la présentation était d’être pédagogique, plutôt que comptable et financière” (p. 18), ainsi les projets sont présentés par des photos de chantiers (pp. 51 à 59), et ne sont pas discutés individuellement. L’objet, les opportunités et risques de chacun ne sont pas présentés. La stratégie générale derrière cette hausse massive des investissements immobiliers n’est pas non plus présentée. Ce PPI engage potentiellement 37,5 M€, soit environ 600 ans de salaire de MCF (p. 21). Cette comparaison est refusée par le Président (p. 20).

Le PPI est adopté par 30 voix pour, 2 contre et 2 abstentions.

2.6 Plan d’action HRS4R (pp. 22 à 27)

L’université s’est engagée, par décision du Conseil d’Administration en juin 2016, “à aller chercher un label européen appelé HRS4R” (p. 22). La discussion confirme en tout point le vadémécum sur le sujet, et relève d’une logique d’exception :

  • la Commission européenne conditionne ses financements : ils sont à la fois les plus importants et les plus concentrés (70 personnels sur 17 unités de recherche – l’Université en compte 72), en échange de restrictions des libertés de l’ensemble des chercheurs de l’établissement (p. 26) ;
  • le plan d’action est un mélange de mesures qui “frôlent la naïveté” (p. 23) “parfois loin de la réalité du terrain et un peu en décalage avec la pratique, voire la politique de l’université, sur l’évaluation notamment” (p. 24) et de mesures qui changent profondément notre système : le recrutement “limité” de collègues précaires jusqu’au professorat pour “une réactivité et une compétitivité avec les grandes universités internationales” (p. 24 et 25) ;
  • d’après le porteur du projet, “Cela entraîne une évolution perpétuelle de plan d’action, les actions mises en œuvre en suscitant de nouvelles, et un maintien à jour de l’université avec les préconisations européennes de gestion RH de la recherche” (p. 23). Ces préconisations seront adoptées aveuglément puisque le CA de l’Université n’est pas “le lieu pour débattre des intentions de l’Union européenne” (p. 26).

D’après le Président, le nombre de postes de MCF ordinaires (32 pour 1450 candidats) ne dépend pas de l’Université mais “de politique nationale” (p. 25), “ce plan d’action […] en est à ses débuts de cheminement dans l’université” (p. 26) et “la démocratie permet de voter contre”. Heureusement, “les chercheurs se mobiliseront lorsque leur liberté sera menacée” (p. 23).

En attendant, le plan est adopté par 25 voix pour, 7 contre et 2 abstentions.

Points remontés

3.4.3.3 Demande de soutien à l’École d’Été de l’Université Franco-Azerbaïdjanaise du 1er au 15 juillet 2017 (pp 27 à 29)

Alors qu’il avait été annoncé que ce projet était entièrement supporté par le gouvernement azerbaïdjanais, il est demandé aux administrateurs de voter une subvention de 15 000 € pour une école d’été. La CFVU s’était prononcée contre, c’est pourquoi le point a été placé parmi les 18 points non soumis à discussion au CA.

Remontée en point soumis à discussion, cette mesure est adoptée par le CA à 23 voix pour, 6 contre et 5 abstentions.

La proposition “de placer les délibérations rejetées en CFVU directement en points soumis à discussion” est refusée par le président (p. 29).

3.10 Fondation Unistra : désignation des représentants de l’université au conseil d’administration de la fondation de l’université (pp. 29 à 30)

La fondation de l’Université de Strasbourg demande qu’un certain nombre de sièges de son conseil d’administration soient occupés par des personnes ès qualités, à savoir le premier vice-président, le vice-président en charge des relations avec les entreprises et de la valorisation et le vice-président Vie universitaire” (p. 29). Il est proposé d’y adjoindre des administrateurs élus, en sus du personnel BIATSS désigné par le CA depuis l’an dernier. La proposition est rejetée en raison du fait que d’après le Président “la fondation souhaite avoir

dans son CA les personnes mentionnées précédemment”.

Cette désignation est approuvée à l’unanimité.

Motion de soutien à Pinar SELEK

Suite au refus du Président d’adopter une motion de soutien aux universitaires turcs et en particulier à Pinar SELEK lors du CA du 28/02/2017, il est de nouveau proposé une motion, sur le modèle de celle adoptée à l’unanimité par le Conseil scientifique du CNRS. Elle est refusée par le Président, qui “trouve la motion longue”. Une motion plus courte est finalement adoptée après une ultime demande de modification de la part du Président.

Ainsi, cette motion est la seule chose qui ait été refusée et amendée par le CA cette année. Tous les autres documents ont été adoptés sans qu’aucune modification n’ait pu être faite.

Cette motion est adoptée par 33 voix pour et 1 abstention.

Congrès du 27/06/2017

Congrès d’orientation budgétaire

Documents en ligne.

1. Point d’information (pp. 5 à 6)

Suite aux revendications des représentants des doctorants, la présidence a pris l’engagement de raccourcir à deux mois les délais de paiement des vacations, et de rendre plus visibles les possibilités existantes d’exonération des frais d’inscription.

2. Rapport d’activité 2016 de la fondation (pp. 6 à 10)

La campagne de levée de fonds 2016 présente plusieurs caractéristiques : un nombre sans précédent de donateurs, une absence de grand don, et une collecte totale qui n’a jamais été aussi basse. Au final, le budget de la fondation est de 800k€, et elle a collecté 1200k€. Cependant, le résultat de l’année 2017 devrait être meilleur.

Cette difficulté est expliquée par l’extrême concurrence avec les autres universités, et il est noté que le travail réalisé aujourd’hui portera ses fruits dans une cinquantaine d’années.

3. Rapport annuel d’activité présenté par le président (pp. 10 à 12)

Le président présente les actions positives de l’université, ce qui ne suscite ni commentaire ni question.

Le rapport est adopté à 68 voix pour et 29 abstentions, expliquées par le fait que de nombreux points présentés sont antérieurs à la mandature actuelle.

4. Débat d’orientation budgétaire, Lettre d’orientation budgétaire (pp. 10 à 24)

En séance, M. Pabst, VP Finance, ainsi que l’équipe présidentielle répondent en détail aux questions que nous avions transmises en amont du congrès.

Le PV confirme en tout point notre analyse : la lettre d’orientation budgétaire porte un changement majeur de stratégie, en mettant l’effort budgétaire sur des actions de visibilité et de valorisation, au détriment des missions cœur de métier.

Plusieurs points sont discutés.

Il est décidé que 0,8M€ seront provisionnés pour s’acquitter de la contribution au fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique. Aucune politique de recrutement de personnels handicapés n’est envisagée (p. 14).

Ensuite, il est discuté de l’utilisation des 8M€ excédentaires, qui représentent une marge de manœuvre substantielle dont dispose la présidence pour mettre en œuvre sa politique. Après la classique invocation de la “fongibilité asymétrique” et sa réfutation factuelle, il est acté que cette marge de manœuvre sera utilisée à “l’investissement” (p. 15). Ces investissements sont essentiellement axés sur la visibilité et la valorisation.

Il est ensuite proposé par le VP Finances de réduire les frais de déplacement, de restauration et de représentation, notamment en cessant de voyager en 1ère (p. 16).

Notre proposition de travailler à limiter la charge que représentent les réponses aux appels à projet est évacuée par la VP Recherche, qui “considère que rédiger un projet pour obtenir des financements ANR organise le travail et permet  de  réfléchir  aux  étapes  suivantes et  d’avoir  un  rayonnement  national  important.  Se  faire connaître  auprès  des  experts  nationaux  est  un  point  non  négligeable  pour l’avancée  des  travaux  et bénéficier d’une reconnaissance”  (p. 17).

Le nouveau pôle étudiant entrepreneur est présenté comme une voie d’insertion professionnelle par la création d’entreprise (p. 17).

Sont ensuite discutés les différents prêts bancaires qui permettront de dépenser dans le mandat actuel la totalité de la dotation Plan Campus qui nous a été attribuée pour les deux prochaines décennies (pp. 17 et 18). Il n’y a pas de visibilité sur la manière dont l’université pourra faire face aux remboursements d’emprunts et au GER (Gros Entretien Renouvellement), pas plus que sur le coût total des travaux engagés (p. 19).

Nous proposons de réintégrer l’expression “mission cœur de métier”, qui apparaissait dans les articles 6 et 18 de la LOB 2016, et faisait même l’objet de toute la section II-4, et a totalement disparu de la LOB 2017. Cette proposition est initialement refusée au motif que le VP Finances “indique ne pas l’avoir trouvée [dans la LOB 2016] avec le moteur de recherche”, puis ajoutée en préambule à la condition que “recherche et formation” soient accompagnées de “l’insertion professionnelle et de la diffusion de la culture scientifique” (pp. 20 et 21).

Enfin, notre proposition d’auditer l’IDIP et le PUI avant leur pérennisation est également refusée, au motif qu’il s’agit “[d’]une décision politique, qui relève d’une efficacité avérée” (p. 20).

S’ensuit une discussion sur notre proposition de voter séparément les amendements que nous avons préparés pour permettre aux conseils de discuter et décider réellement des orientations budgétaires de l’université (p. 21). Cette proposition est refusée au motif que le président “ne prendra sans doute pas l’argent au même endroit que les élus « Alternative 2017 »” (p. 22) et que “ces propositions ne sont pas des propositions de reformulation, mais de changement d’orientation politique” (p. 23).

La LOB est adoptée par les membres du CA à 27 voix pour et 10 contre.

Communiqué: Congrès d’orientation budgétaire

Lors du Congrès de l’Université de Strasbourg du 27 juin 2017, le débat d’orientation budgétaire s’est achevé avec l’adoption de la lettre d’orientation budgétaire (LOB) pour l’année 2018. Il s’agit de la première étape de l’élaboration du budget de l’université.

Les élus de la liste Alternative se félicitent que leurs questions et propositions formulées en amont aient pu servir de base à la discussion. Malheureusement, aucune amélioration significative n’a pu être apportée à la LOB. La présidence de l’université ayant imposé un vote global de la LOB, les administrateurs n’ont pas pu se prononcer sur chacun des nombreux choix opérés par l’équipe de direction.

Tous les administrateurs partagent l’objectif d’équilibre budgétaire et reconnaissent les contraintes budgétaires. Pourtant, pour la troisième année consécutive, notre université a vu son exercice précédent se clôturer avec un résultat positif de 8 millions d’euros grâce aux économies qui nous sont demandées. Des marges de manœuvre supplémentaires sont en plus dégagées grâce au renouvellement de l’initiative d’excellence (IdEx) ou encore aux nombreux emprunts auxquels il a été décidé de recourir.

Ces marges de manœuvre sont utilisées pour développer ou pérenniser de nombreux projets. La LOB cite notamment : EUCOR, GECT, LIA, GDRI, UMI, Maison de la Donnée, AlsaCalcul, I2MT, A2S, AOC, PEPITE-ETENA, Entrepreneurship beyond borders, label Marianne, ISIS Data-center, Studium, Maison des personnels, G2EI Descartes, Planétarium, EOLE, IDIP… Auxquels s’ajoutent les projets du PPI (Plan pluriannuel d’Investissement) votés la séance précédente.

En regard de ces investissements massifs, et parfois risqués, alors que le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter, et que la sélection se prépare activement, les élus Alternative 2017 déplorent qu’il ait été acté que :

  • “le nombre total de recrutements d’enseignants-chercheurs et d’enseignants prévu en 2018 ne doit pas excéder celui de 2017” (article 11) ;

  • “le volume global des dotations en heures complémentaires sera stabilisé” (article 16) ;

  • “le renouvellement pédagogique [sera soutenu] par le biais d’une utilisation plus dynamique des outils numériques à moyen constant” (article 41) ;

  • “un effort particulier sera fait pour doter au plus juste le fonctionnement des unités.” (article 25).

Le refus d’une mention, que nous avons proposée au titre des grandes orientations, du soutien des conditions d’étude, du budget des formations et des laboratoires, ainsi que des recrutements, est symptomatique d’une politique qui vise la visibilité et la valorisation au détriment de nos missions fondamentales. L’orientation prise est ainsi tournée vers des investissements risqués dans le numérique et l’immobilier, bien plus que vers l’investissement humain dont notre Université a prioritairement besoin.

La recherche de l’équilibre budgétaire global ne doit pas masquer des orientations budgétaires aussi déséquilibrées. Les élus Alternative 2017 regrettent que la lettre d’orientation budgétaire n’ait pas été plus ambitieuse pour défendre, renforcer et pérenniser ce qui constitue le cœur de métier de l’Université.

Les membres du congrès élus sur les listes Alternative 2017.

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