Tenue d’un CA extraordinaire

Mail envoyé aux membres du Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg

Chers collègues,

En l’absence du président Deneken, et à cause d’une méconnaissance totale de la procédure en un tel cas, le CA restreint prévu ce jour n’a pas pu se tenir.

Nous espérions pourtant pouvoir être informés par le président et échanger sur les inquiétudes actuelles qui pèsent sur notre Université, ce dont nous n’avons toujours pas eu l’occasion.

Nous demandons donc la tenue d’un CA extraordinaire sans délai, avec pour ordre du jour, un point d’information sur le mouvement dans notre université et le dispositif Parcoursup.

Pour ne pas pénaliser les collègues concernés par les délibérations de la séance annulée ce matin, ce CA extraordinaire devra être suivi d’un CA restreint avec pour ordre du jour celui de la séance prévue ce matin.

Les élus au CA sur la liste Alternative.

À l’Université de Strasbourg, la contradiction est-elle encore possible ?

Communiqué des élus au Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg sur les listes Alternative.

La démocratie commence par l’écoute, se poursuit par le débat et se termine par une décision partagée par tous.

Depuis 18 mois que nous sommes élus au conseil d’administration de l’université, nous avons pu constater que ces conditions de bonne tenue du débat démocratique ne sont pas réunies. Sur tous les dossiers importants (ADUEIS, dévolution du patrimoine, grands investissements…), nous finissons systématiquement par découvrir que les décisions sont prises et suivies d’effets avant la consultation des administrateurs, qui ne sont d’ailleurs pas destinataires des informations nécessaires à une décision éclairée. Durant ces 18 mois, le conseil d’administration n’a pas pris une seule fois une décision qui divergeait, ne serait-ce qu’un tant soit peu, de celle de son Président.

La mise en œuvre de la loi ORE comme la gestion des mouvements sociaux qui traversent actuellement notre université ne font pas exception.

Nous avons dû voter la limitation des capacités d’accueil de toutes les filières, qui conduit mécaniquement à la sélection, sans écoute ni débat, sans prendre en compte la position de la CFVU qui ne les avait pas votées. Pas une seconde nous avons eu l’occasion de réfléchir et discuter collectivement du bien-fondé de cette mesure, de son impact sur notre université, sur les familles alsaciennes ou sur l’emploi local. M. Deneken, président de l’université, a coupé court à la discussion que nous avions demandée en déclarant : « L’université n’a plus les moyens d’accueillir tout le monde, certains n’ont rien à y faire » (M.Deneken, CA du 23/01/2018). C’est cette vision qui préside à la mise en œuvre de la loi ORE à l’Université de Strasbourg.

Les étudiants mobilisés contre cette vision le sont maintenant depuis deux mois.

Pour toute écoute, ils ont été agressés par l’extrême droite, puis accusés à tort d’avoir commis des dégradations dans le Palais U., avant que M. Deneken ne demande aux forces de l’ordre de les évacuer. M. Deneken déclarera sur France Inter : « Il a fallu libérer le Palais U., qui était occupé ».

Pour toute écoute, alors qu’ils se réunissent tous les deux jours en assemblée générale, ils n’ont reçu qu’une proposition d’entrevue en huis clos qu’ils ne pouvaient accepter. Cela permettra de les accuser de refuser le dialogue, alors qu’ils refusent le huis clos.

Pour tout débat, a été annoncée, hier pour aujourd’hui, une « conférence-débat » dont la tribune sera exclusivement constituée de vice-présidents de l’université convaincus par la vision présidentielle de la loi ORE. Cela permettra de se prévaloir du débat, sans venir discuter dans les AG ni ouvrir la tribune à des opposants à la vision présidentielle de la loi ORE.  Les élus Alternative regrettent n’avoir été ni consultés, ni même conviés à cette initiative tardive, mais ils y participeront tout de même de manière constructive.

Pour toute décision, ils n’ont reçu qu’un vote électronique, dont la majorité des destinataires ne sont ni informés, ni concernés, tant par la loi ORE que par les blocages, et dont la question ne porte que sur ces derniers et non sur le débat de fond. Les étudiants mobilisés ne pourront pas reconnaître la légitimité de ce vote. Opposer ainsi les uns et les autres ne représente-t-il pas le risque de tendre encore plus la situation ?

Non seulement les administrateurs de l’Université n’ont pas été consultés sur ces décisions, mais ils n’ont même pas été informés. Nous les avons découverts sur les réseaux sociaux. Nous avons pourtant demandé, le lendemain de l’annulation du CA du 10 avril, le 11 avril, l’organisation d’une séance exceptionnelle du conseil d’administration afin de rétablir le dialogue et d’apaiser la situation. Seuls les élus AFGES ont répondu aux administrateurs, indiquant qu’ils n’estiment pas ce geste d’apaisement nécessaire. Ni le président ni les membres de son équipe n’ont su répondre à notre proposition.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas la tenue des examens. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est l’adoption de cette vision qui accepte que notre « université n’a plus les moyens d’accueillir tout le monde ». Cette vision qui trouve solution à ce manque de moyens en considérant que « certains n’ont rien à y faire ». Mais qui n’a rien à faire dans notre université ? Ceux qui ne « réussissent pas », qu’on ne sait ni définir ni identifier ? Ou ceux qui ne représentent pas une solution à ce manque de moyens ?

Ce qui se joue aujourd’hui, c’est le modèle de l’Université de Strasbourg, le modèle de l’enseignement universitaire en Alsace, et plus généralement en France. Mais à l’Université de Strasbourg, la contradiction est-elle encore possible ?

Revue de presse spéciale réforme et mouvement social dans les universités – 15/04/2018

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Revue de presse spéciale mouvement social dans les universités

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Revue de presse – 25/03/2018

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A leurs actes manqués : la Prime de Reconnaissance de l’Implication Pédagogique

On nous demande parfois si nous aurions réellement pu mener une politique alternative si nous avions été élus. Il est vrai qu’une grande partie du budget est engagée indépendamment des décisions politiques, et que l’autonomie des universités est loin d’être parfaite lorsqu’on connaît les carcans imposés par le ministère.

Cependant, bien des décisions de la présidence relèvent plus de l’idéologie que de la bonne gestion. Et pour ces décisions, nous aurions adopté une approche plus pragmatique. La nouvelle Prime de Reconnaissance de l’Investissement Pédagogique (PRIP) en est un très bon exemple.

Selon la délibération soumise au CA du 13 mars 2018, la PRIP est conçue car “il n’existe pas encore d’équivalent [de la PEDR] dans le domaine de la pédagogie, pour valoriser l’implication particulière en faveur de la formation et de l’insertion professionnelle des étudiants. L’Université de Strasbourg souhaite donc remédier à cela en instituant une prime de reconnaissance de l’implication pédagogique (PRIP) dont fait preuve un grand nombre de personnels de l’établissement.”.

Prime individuelle vs. prime collective

L’enseignement est une activité éminemment collective. Une collaboration permanente au sein d’une équipe pédagogique soudée est indispensable, notamment pour faire évoluer les enseignements tout en gardant le cursus cohérent, pour que les notions soient enseignées sous différents éclairages disciplinaires, pour que toutes les disciplines se retrouvent autour des projets tuteurés, pour connaître les groupes ou les étudiants avant les face-à-face, etc.

En enseignement, une équipe fait plus que la somme des individus. Cela relève donc du bon sens que la PRIP soit accordée à une équipe pédagogique.

Pourtant, la proposition de la présidence considère qu’il existe toujours un leader. Cette vision, hautement idéologique, va avoir un impact sur les personnels :

  • en multipliant les dossiers sur le même travail, elle va augmenter la charge des demandes et des évaluations ;
  • en n’attribuant pas la prime à tous leurs membres, elle va fragiliser les équipes pédagogiques soudées ;
  • en sélectionnant les dossiers les plus denses, elle va favoriser l’accaparement individuel de travaux collectifs.

Demande de prime vs. Rapport d’expérimentation pédagogique

Si les collègues impliqués dans l’enseignement sont en expérimentation permanente, rien ne les encourage à prendre le temps de formaliser ces expérimentations. Une approche pragmatique aurait conduit à utiliser cette prime pour justifier la rédaction de rapports d’expérimentation pédagogique, organisés, archivés et diffusés par l’université, afin de les partager avec toute la communauté universitaire, y compris hors de Strasbourg, favorisant ainsi la visibilité de l’établissement.

Pourtant, la proposition de la présidence, incapable de concevoir un autre système que hiérarchique, s’en tiendra au classique formulaire de demande de prime, nécessairement normé, et par nature peu propice à la diffusion des savoirs. Ces demandes seront gardées secrètes.

Evaluation des demandes de PRIP vs. discussions collectives des expérimentations pédagogiques

Dans la perspective de mettre en avant les pratiques pédagogiques innovantes, la collégialité et la visibilité de l’établissement, une approche pragmatique aurait conduit à ce que ce soit les expérimentations pédagogiques qui soient discutées et non d’abord les demandes qui soient évaluées, sans que des critères clairs n’aient été définis. Ainsi, ces évaluations auraient dû prendre place dans une grande conférence de pédagogie universitaire de l’Université de Strasbourg, durant plusieurs jours, avec des présentations d’invités et des ateliers de travail. L’IDIP a l’expérience nécessaire pour l’organiser, et l’IDEX peut aisément le financer.

Pourtant, la proposition de la présidence, en restera à des évaluations à huis-clos, par une commission ad hoc, sans communication ni des dossiers ni des expériences présentées et encore moins des critères d’appréciation.

Annonce vs. Dispositif

Une approche pragmatique conduirait donc à dimensionner la PRIP pour en faire un dispositif de développement de l’implication pédagogique, en veillant a minima à récompenser tous les collègues les plus impliqués, et pour motiver les autres à s’y impliquer. De plus, au moment de sa mise en place, il faut s’attendre à ce que “un grand nombre de personnels de l’établissement” veuillent faire reconnaître leur implication, sans doute plus que dans les prochaines années.

Pourtant, la présidence va limiter le budget de cette prime à 120k€, soit 15 lauréats par an à une prime de 4k€ par an pour 2 ans. 2 ans de travail ne sont pas suffisants pour correspondre aux critères d’attribution, ce qui rend difficile les renouvellements et décourage donc la continuité de l’implication. Cette prime s’adresse à tous les personnels, elle sera donc attribuée à moins de trois personnels pour mille par an, y compris la première année. Elle va donc faire beaucoup plus de déçus que de récompensés. Le coût de la PRIP est pourtant faible dans les presque 12M€ du budget annuel des primes et indemnisations. C’est donc par pure idéologie que la présidence va décider de garder cette prime anecdotique, et se contenter de l’effet d’annonce qu’elle produira plutôt que d’un véritable dispositif.

Conclusion

Il était tout à fait possible par une approche pragmatique de mettre en place une PRIP qui représente un véritable dispositif d’encouragement à l’implication pédagogique collective, profitant à la fois aux étudiants et aux personnels, et assurant la visibilité de l’établissement, par la diffusion des savoirs en toute transparence et collégialité.

Mais par pure idéologie, ces PRIP ne serviront qu’à récompenser les rares collègues choisis individuellement par une procédure discrétionnaire et à produire un effet d’annonce, au risque de démotiver de nombreux collègues et d’affaiblir des équipes pédagogiques soudées.

Revue de presse – Spéciale promulgation loi ORE

Textes législatifs

Rapport

Presse spécialisée

Positions locales

Revue de presse internationale – Février 2018

Revue de presse – Février 2018

Unistra

National

Réformes

Evolution de l’enseignement

Evolution des établissements

Rapports et textes de loi

Parcoursup : La charrue avant les voeux. Que faire en pratique ?

Ce 23 janvier 2018, le conseil d’administration a voté des capacités d’accueil pour toutes ses filières, faisant entrer l’Université de Strasbourg dans l’ère de Parcoursup. Mais n’avons-nous pas mis la charrue avant les voeux ?

Il s’agit maintenant d’organiser le tri des candidatures en L1, tri qui conduit à ce que les bachelier.ère.s reçoivent trois réponses : “oui” ; “oui si” pour imposer une mesure d’accompagnement ; ou “en attente” pour celles et ceux qui ne seront pas les mieux classés. Mais mettre en œuvre une réforme qui n’est même pas encore finalisée est délicat pour les collègues enseignant.e.s dans les filières non-sélectives :

  • Pourquoi mettre “en attente” des bacheliers, alors que Il n’y a pas de sélection stricto sensu ?
  • Comment décider des “oui si” sans connaitre ni la nature ni le financement des mesures d’accompagnement qu’ils imposeront ?
  • À quoi engagent ces “oui si” avec le “contrat de réussite pédagogique” (ou “contrat individualisé pour la réussite en licence”, IRéEL) “conclu entre l’étudiant et son directeur des études” ?
  • Quel sera la compensation inscrite au référentiel des tâches des enseignants chercheurs pour l’étude des dossiers ?

Le Status quaestionis rédigé par  la vice-présidence formation pose les bonnes questions, mais sans donner de réponses définitives. Nous aurions préféré temporiser, le temps que la loi soit finalisée, et surtout que nous ayons collectivement le temps de définir et expérimenter des mesures d’accompagnements avant de s’engager en les imposants à l’aveugle à des néo-bachelier.ère.s.

À ce stade, que peuvent faire les  équipes pédagogiques ?

  • Si elles décident de ne pas investir dans Parcoursup : elles valideront simplement le classement par défaut, le résultat sera identique pour les candidat.e.s.
  • Si elles décident de prendre une année de recul avant de proposer des mesures d’accompagnement : elles procéderont à un tri rapide sans “oui si” et exporteront les dossiers. Dans un an, elles identifieront les étudiant.e.s qui auraient profité de mesures d’accompagnement et tenteront de trouver les indicateurs de divination dans les dossiers.
  • Si elles décident de donner des “oui si” dès cette année : il faut s’attendre à un travail conséquent d’analyse des dossiers. On peut s’inspirer de ce petit manuel.

Dans ce dernier cas, il faudra penser à scrupuleusement mesurer le temps passé à cette tâche. Cette information nous sera cruciale pour défendre un référentiel de tâches à la hauteur de vos besoins plutôt qu’en fonction des moyens, et c’est pourquoi nous vous invitons à remplir ce formulaire.

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